Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875
DE P .-J. PR0UDH0N. 165 chose malheureuse pour l'Acadé1nie, il se trouve que ce discours est maintenant meilleur que celui du lau- réat. Je sais qu'il n'est point tel qu'il a été envoyé, l'auteur le dit lui-mème; n1ais Ackermann aussi a retouché et presque tout refait le sien, en sorte que les conditions sont égales; j 'aurais voulu que mon jeune ami, plus modeste et mieux avisé, ne l'imprimat pas. M. Droz l'a trouvé mauvais et n'y a rien compris. Je vous parle toujours de l'avis de M. Droz, comme si je craignais d'avoir une opinion à moi et que je voulusse lancer mes traits, protégé par son égide. Il faut achever ma confession. Quoique j'aie aussi fait imprimer mon discours, je n'ai pas encore osé le lui montrer. Il m'a bla1né d'avoir concouru, blàmé plus fort de n'avoir pu l'emporter sur mes concurrents, parce qu'il veut que man coup d'essai soit un coup de matt'ì 1 e:,· enfin, il prétend que de pareils exercices sont une perte de temps. A quoi dois-je m'attendre si je lui donne encore la preuve de l'excentricité de mes para- doxes que je me repens d'avoir si mal exposés ? Oui, j 'en conviens de bonne foi et de toute la sincé- rité de mon cmur, j'ai obtenu plus peut-ètre que je ne méritais. Assurément, je ne désavoue aucune de mes opinions, ni aucun de mes principes; mais je suis un maladroit, un parfait ignorant dans l'art de présenter cles choses nouvelles. M. W eiss me l'a dit il y a long- temps: je n'ai pas le talent de la forme. Toutes les pro- positions de mon discours sont aussi vraies que celles d'Euclide; mais il ne fallait pas leur laisser la couleur des idées révolutionnaires du jour; mais il fallait les en séparer radicalement; mais il fallait étre plus dé- monstratif et moins rhéteur. Fit fa1Jricandfoaòer; je ne retomberai pas dans les BibliotecaGino Bianco
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