Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875

; DE P.-J. PROUDHON. 449 M. Guénard m'avait promis autrefois une lettre : je st1is bien surpris de ne rien recevoir de lui. Il doit avoir pourtant quelque chose à me dire. Je vous soul1aite le bonjour et suis votre dévoué P.-J. PROUDHON. P.-8. Vous persistez à me déshonorer du titre d'homme de lettres; je vous avertis que si vous le faites par plaisanterie, elle est un peu trop prolongée. Hom1nede lettres est égal à ckevalierd'indust1'·ie, sa- chez-le bien. J e connais encore de pauvres diables, manmuvres au service de la librairie, longues barbes et cheveux mal peignés, qui se pavanent aussi du nom d'hommes de lettres: j'aurais, par la misère, plus de rapport avec ceux-ci qu'avec les autres. Mais vous sen- tez que personne ne serait flatté de s'entendre appeler gueua;glorieua; ou mendiant sublime. Un imbécile m'a écrit avec cette suscription : M. Proudkon,pensionnaire 8uard, cornme on dirait le grandpensionnaire de Hol- lande. S'il vous faut absolument un titre à mon nom, mettez, si vous · voulez : typograpke ou correcteur. J e n'ai jamais été que cela, je le suis encore, et ce sera toujours ma vraie profession , du moins honorifique. I Biblioteca Gino Bianco

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