Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875
140 CORRESPONDANCE partie de mes vieux caractères pour satisfaire à mes premiers engagements envers vous ; et ainsi du reste, jusqu'à ce qu'il ne me reste qu'une presse et une demi- douzaine de c0:sses, avec quoi je• compte bien travailler de nouveau. Je vous préviens de tout ceci, en vous priant de n'en point trop parler; je ferai mon possible pour que vous ne perdiez rien, je vous en donne ma parole. Vieux cesse de m'écrire; je ne sais ce qu'il de- vient, et je crois qu'il n'y a pas lieu pour lui, présen- tement, à compter sur les promesses de ses proches. N'allez pas croire, au moins, que le parti que je vais prendre, soit le fait d'un désespéré: pas le .1noins du monde. Je cède là où il faut, et je me concentre dans l'objet auquel je dois m'attacher exclusivement aujour- d'hui; après, nous verrons. J'espère toujours que le temps viendra où je pourrai à mon tour imposer la loi aux autres : et tout roseau qui plie n'est pas rompu pour cela. Je vous remercie des 30 francs que vous m'avez envoyés : e'était mon dernier argent. Aujourd'hui je vis de mon travail de rédaction et de compilation. Il me paraìt que Parent-Desbarres est content de ce que je lui donne; je m'habitue à écrire, il ne me manque que le rep?s d'esprit. Comme la tempète commerciale ne peut durer toujours, aussitot que la librairie se relèvera, j'espère bien profiter, autant qu'un autre, du beau tem;ps. Nous vivons dans le siècle des grosses entre- prises littéraires; je tacherai d'en faire mon profit. Je vous souhaite le bonjour, et vous prie de compter sur ma bonne volonté, si l'état de ma fortune ne vous inspire que crainte et défiance. Votre ex-collègue, P.-J. PROUDHON , Biblioteca Gino Bianco
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