Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875

, . . ., DE P .-J. PR0UDH0N. 137 serait pour les i:emettre à leur pla ce, et non pour me justifier. Ma conscience est au-dessus du jugement des sots. Conservez-moi votre amitié, vous, n1on cher Huguenet; elle m'est plus précieuse que celle de per- sonnages bien plus haut placés que vous. Vous m'avez vu de près, et vous savez par quel còté j'estime un homme. Comptez que mes principes ne varient pas, que mes discours ne changent point, et que ma con- duite est inflexible. J e serai très-malheureux par cette manière d'étre ou bien j'irai loin. Lequel des deux? L 'avenir le sait. Je travaille à prendre le grade de licencié ès-lettres; il faut que l'année prochaine je sois quelque part pro- fesseur; nous verrons ensuite. Donnez-moi encore des nouvelles détaillécs, surtout sur ce que vous présumez, etc. Je vous avais demandé des renseignements sur une matière que vous semblez avoir trouvé trop délicate pour y répondre : je n'ai pas reconnu là votre franchise acéoutumée. Vous défiez- _vousde moi; craignez-vous qu'après avoir été informé par vous, mon opinion ne fléchisse et que je ne vous en veuille? Ah! mon cher Huguenet, vous ne me faites pas l'honneur de me croire un homme. Adieu; j'attends votre réponse; ne me tenez pas en suspens. Agissez avec prudence et mesure. Travaillez, si vous le pouvez; dans deux. mois vous étes libre, et vous pourrez vous attacher à une fortune plus solide. Je vous souhaile le bonjour, P .-J. PROUDHON. ✓ • Biblioteca Gino Bianco I I •

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