Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875

- • 136 CORRESPONDANCE avec calme et sang-froid que je l'ai prise. Vous semhlez croire, mon cher Huguenet, qu'en vous resserrant de 230 francs sur le loyer, vous pourriez vous en tirer; s'il ne faut plus que cela pour vous faire vivre, vous étes déjà 1nort. Au reste, je ne crois pas méme que cette économie soit praticable. Où loger tout ce qui e~t au magasin? Et quand MmeL*** sera partie, qui gardera 1 ·atelier? Qui répondra quand vous n ,y étes pas? A défaut d'elle, je croirais indispensable de confier ce soin à une autre personne, ainsi nous n'avancerìons rien. Quand on est réduit à de telles misères, il ne faut plus se faire illusion. Vous étes averti maintenant, vous; Mm 0 L*:~* le sera sous peu. En attendant, gardez le silence sur toutes ces choses autant qu "iì vous sera possible en faisant des propositions à 1\tI. Bailly. Ce que je fais est nécessaire en ce moment à Besan- çon: c'est le fruit de l'excès de développement qu'avait pris notre industrie. Voilà quatre imprimeries à peu près réduites à zéro : Gauthier, Marquiset, GomeL et Mutassolo. La justice de Dieu s'exécute; malheureuse- ment il y a des innocents qui en souffrent. Vous étes du nombre et moi aussi. D'autres out trouvé pis. Je sais que M. Proudhon s'est irrité contre moi de mon oòstination à ne pas vendre; comme si cela se fai- sait aussi vite qu'il l'imagine. Il m'accuse d'étre un homme peu frane qui dit et contredit. Je suis fa.ché de cette brouille, mais uniquement pour lui. Car, quant à moi, je ne regretterai jamais une amitié qui tient à si peu de chose, et une estime qui se détruit sur des apparence~. J'ai trouvé ici des gens qui disaient comme l!. Proudhon, que si j'avais des embarras c'était ma fante, et qu'il ne fallait pas 1n'en plaindre. Si je faisais à de pareils esprits l'honneur de leur répondre, ce Biblioteca Gino Bianco •

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