Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875
• DE P.-J. PROMDHON· . 127 Paris, 12 maif1839. A M. MAURICE Mon cher ex-associé, j 'ai vu hier M. Marquiset; quand il m'a parlé de ses affaires, je lui ai conté les miennes, et lui ai offert une imprimerie. Il est résolu à vendre, quoi qu'il en cou.te . Il va placer Dantiné, et il écrit en- core à Besançon pour que personne ne conserve d'espé- rance sur lui. Les ateliers sont déserts. A Paris, la crise dure toujours. On comn1ence à maudire les coalisés, on s'aperçoit que hommes et systèmes ne valent pas mieux que ceux du passé. Les ex-passés-ministres sont fort peu de chose, et les ex-futurs ministres ne sont pas davantage, voilà ce qu'on dit dans le monde. Aussi Paris est tranquille, parce que personne n'y est sé- duit, et que l'illusion d'optique qui arrive dans l'éloi- gnement des objets n'y a pas lieu, tandis que dans les provinces on est fort effrayé et qu'ou nous croit sur un volcan. J amais une telle impuissance et une si grande immoralité ne se sont vues. Tout le monde en est dé- . gollté. C'est le temps de Louis XV. Louis-Philippe seul ne perd pas la téte, mais, quoi- qu'on ne lui reproche aucun vice, il n'en est pas moins Biblioteca Gino Bianco . '
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==