Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875
:120 CORRESPONDANCE vention; n1ais vous pouvez co1npter qu'un homme comme lui ne sera jamais embarrassé de regagner d'une main ce qu'il abandonnera de l'autr_e. Les gens bien informés et impartiaux ne font pas ici beaucoup plus grand cas de sa moralité que de celle de Gisquet ; cependant, vous voyez que ]a presse en a presque fait un héros, l'espoir de la France. Pour étre tout à fait dans le vrai, il faut dire que son ministère serait un pas vers le bien, car il est trop engagé avec le mouve- ment de gauche pour pouvoir jamais faire ses arlequi- nades comme par le passé ; mais vous pouvez croire que le règne du scandale et du gaspillage ne serait pas fini. Hier, on faisait devant moi le calcul de ce qu'avait couté l' obélisque de Louqsor, qui, comme vous savez, , a été donné en cadeau à la France par le pacha d'E- gypte. On l 'évaluait à 4 francs la livre, en sorte, disait- ')ll, qu'on aurait pu avoir pour le mème prix un obé- lisque en chocolat de mème grandeur et de méme poids. Les émeutiers, après bien des hésitations, se sont déterminés à rentrer chez eux. On ne doute pas certai- nement en province que ces prétendues émeutes ne soient le fait de la police; eh bien t cela n'est pas exacte- ment vrai. Le gouvernement désirait et provoquait une collision, parce qu'il avait pris ses mesures pour écraser les perturhateurs, et que, dit-on, il en avait besoin dans ce moment; mais il n'est pas moins certain que les sociétés secrètes ont délibéré sur l'opportunité d'une tentative. J e sais, par les indiscrétions de quelques affiliés qui ont cherché à m'embaucher, que ces sociétés comptent aujourd'hui plus de 15,000 membres, tous liés par le serment sur le poignard et un ardent fana- Biblioteca Gino Bianco
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