Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875

DE P.-l. PROUDHON. 115 sans - pouvoir profiter à l'imprimerie ni au libraire. Celui-ci, séduit par l'appat du bon marché, a fait tirer . à grand nombre ; ses magasins sont encombrés, et la ' procluction est arrètée. C'est une èhose admirable que les inventions modernes ; mais qu'on apprenne donc à en combiner l'usage avec les besoins réels et non factices du commerce, avec l'intérèt des classes ou- vrières et des spéculateurs 0t maitres. Le 111anl 'est pas dans les calculs, qui ne trompent pas ; il est dans l'abus des calculs et des forces. J e vais sonder le terrain et commencer mon attaque pour la fondation d'une Revue. J'en écrirai à M. Pé- rennès dans la huitaine. Il faut que cela marche; car je ne leur laisserai d'autre espoir d'utiliser leur pen- sionnaire que celui-là.· J e fais de beaux rèves, mais si modestes, si faciles à réaliser, qu'en vérité l'accomplissement doit suivre le désir. J e veux, la Revue une fois eréée, ne faire autre cl1ose et y vaquer tout à mon aise, dans quelque rnanoir campagnard à portée de vou.s. Croyez, mon cher Hu- guenet, qu'aucune autre ambition que celle de servir 1non pays par la presse et la parole ne peut avoir prise sur mon coour. J e sou-ffre de mon exil ; j e déteste la civilisatibn parisienne ; j e cri e à qui peut m' entendre : Fugite demedioBaòylonis. Je n'aurai de repos, je ne retrouverai l'usage de mon espri~ et de mes facultés, je ne redeviendrai capable d'écrire que sur les bords' du Doubs, de l'Ognon et de la Loue. Les gens de Paris ne peuvent rien entend,re à des paroles de vérité, de justice et d'abnégation, et je n'ai pas le secret de galvaniser des cadavres. C'est trop pour moi que d'habiter cette immense .voirie, ce pays de maitres et de valet·s, de voleurs et de prostituées. Un jour, le ehant du trépa~ BibliotecaGino Bianco .

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