Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875

CORRESPONDANCE besoin, sans toutef ois dire que vous étes chargé de faire une telle promesse. Faites valoir toutes les espé- rances, toutes les présomptions; dites hardiment que vous ètes sur de la chose, sans néanmoins laisser voir que vous avez des instructions officielles. M. Maurice m'apprend que Noir dirige l'imprimerie de Gomet; je ne sais s'il l'achètera. Après les offres que je lui ai faites, il ne pourrait donner une plus grande preuve d'imbécillité. J·e lui o~rais les mémes avantages, lui demandais moins d'argent, lui garantissais de plus belles chances, et lui montrais des espérances mieux fondées. Veut-il relever la boutique de Gomet avec sa fortune, et créer une imprimerie de plus à Besançon, car Gomet ne comptait pas? Je doute qu'il réussisse et qu'il vienne à bout de réaliser aucun bénéfice. Quoi qu'il arrive, j'espère qu'un jour Je n'aur~i rien à craindre d'un nouveau concurrent , et que je ne le regretterai pas. Alors il comprendra peut-étre combien mieux vaut de s'associer que d' élever autel contre autcl pour la perte de tous. Nos affaires sont brillantes, vu ce qui se passe en tous lieux. Everat vient d'avoir une assemblée d'action- naires : on parlait de liquider. Il a offert, pour uno grande entreprise _delibrairie, ses presses et caractères, et il ne demande pour salaire que ses déboursés ! Le motif est en ce, moment l'importance de ne pas laisser fermer son atelier. La banlieue envahit tout, et tue la capitale par le bon marché. M. Didot a un atelier en province, à Dreux; il y occupe nne multitude de com- positrices; c'est là sa grande forge. La maison de Paris n'est presque plus qu'une succursale. Ainsi il en va et il en ira de l'imprim~rie._ Les machines de toute espèce, y compris les femmes, ont tué la main•d'oouvre, Biblioteca Gino Bianco

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