Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875

iOS CORRESPONDANCE maladie qui l'a dévorée, et que vous connaissez aussi bien que moi, est un sùr garant de sa bonne conduite et de la pureté de ses mreurs. Mais il y a terme à tout, et il serait temps que les visiteurs officieux cessassent, par de plus longues assiduités, de compromettre son repos. Attendre qu'elle y mette ordre toute seule, c'est espérer que les poules donnent la chasse aux renards, car elle est bien la femme la plus faible, la plus dénuée de caractère et de volonté que je connaisse. Cependant, il faudra qu'elle se résigne à se priver volontairement de sociétés, qui peuvent lui étre agréables, j'en con- viens, mais qui ne peuvent pas toujours s'accorder avec le soin qu'elle doit prendre de l'opinion publique. Quand Mme L*** me fera l'honneur de m'écrire et de me demander des conseils, je lui parlerai sans détour et dans son véritable intérét. J e n'ai rien d'intéressant à vous apprendre : tout Paris est occupé de la crise ministérielle ; on parle de prorogation; et si le commerce ne souffrait pas, il est certain qu'on rirait beaucoup . . Le maréchal Soult est sorti de la dernière tentative grommelant entre ses dents après ses futurs collègues et après le roi, et disant : « Ce sont tous j ... -f. .. ! )> Voilà ce qu'on raconte. Le petit Foutriquet (c'est ainsi que M. Soult appella Thiers) a une envie démesurée de devenir ministre, mais pas au point de consentir à redevenir ce qu'il a été jadis; il lui faut aujourd'hui du pouvoir ; il veut étre maitre. Quand il avait sa fortune à faire, il ne disait rien et passait sous les jambes du maréchal Soult ; mais à présent qu'il est grand sei- gneur, qu'il ne peut plus souhaiter, il change ses con- ditions. Chose étrange l pou-r moi du moins. On ne veut pasque le roi gouverne, n1ais on veut gouverner Biblioteca Gino Bianco

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