Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875

·102 . ~OIU\~SPODDANC~ qui ne peuvent jamais étre devinés ni prévus; on sait que e'est là ce qui fait le caractère des différentes litté- ratures. P renez La Fon taine, analysez ses fables sous ce point de vue, et vous reconnaitrez que tout ce qui le distingue, lui a été dotné par la société française. De telle sorte que si l'on admettait, avec Pythagore, une rnéme ame pour Esope, Phèdre et La Fontaine, il serait vrai de dire que, toujours égale à elle-mème, elle a du nécessairement, dans ses trois manifestations, appa- raitre sous telle ou telle figure. A la fin du monde, le beau absolu résultera de la somme des individualités. En général, M. Gérusez m'a paru au niveau de M. Saint-Marc-Girardin pour l'ensemble des choses, mais je lui ai trouvé moins de verve, de vivacité, de relief, moins d'esprit et de causticité française. J e 1ne suis étendu un peu longuement sur ces trois professeurs~ afin que, si un jour on m'adressait le re- proche d'avoir négligé les cours de la Sorbonne, vous connussiez mon excuse. Depuis six semaines environ, je prends connaissance des principaux ouvrages de nos professeurs de philosopbie. J'ai lu M. J ouffroy, M. Cou- sin, M. Damiron, M. Thurot, M. Cardaillac, etc. Je ne puis vous exprimer combien cette lecture me fatigue, combien je prends en dégout et les doctrines et les au- teurs. D'ailleurs, le petit manége, la collusion constante que je crois décot1vrir entre eux suffiraient à me les faire ha1r. M. Coil.sin fait l'éloge de M. Damiron et de M. J ouffroy; M. J ouffroy prone M. Damiron et M. de Cardaillac; M. Damiron et M. de Cardaillac, à leur tour, cantantet recantant; e'est une réciprocité édifiante de louanges et de flatteries. Mais ne vous attendez pas qu 'ils disent j amais un n1ot d'un philosophe en dehors de leur confrérie, ou dont les idées contredisent les Biblioteca Gino Bianco I

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