Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875
100 CORRESPONDANCE rance de Socrate est-elle une loi de morale, un prin- cipe? Non, elle n'est qu'une règle de savoir-vivre. Le plaisir et la volupté en eux-memes, disait Aristippe, sont donc un bien; ils sont donc permis et légitimes. Socrate ne le nie pas; seulement, il recommande de ne pas abuser. D'accord; 1nais tandis qu'il se perdra dans ses _sublimités contemplatives, qu'il · me permette de rester ici-bas, d'user avectenipérance des biens qu'il me permet; et quand il aura trou vé quelque chose de plus solide, alors nous en prendrons connaissance et puis nous verrons. Antisthène, prenant le contre-pied d'Aristippe, jugeait qu'il est impossible de maitriser les sens dès qu'o!l voulait leur accorder quelque chose; il concluait, de la loi de tempérance, à la servitude du corps par un rai- sonnen1ent non moins juste. Tel a été de tout temps le malheureux sort des doctrines juste-?nilieu qui man- quent de crité?"ium, de principe et de certitude; elles n'osent aller ni à droite, ni à gauche, parce qu'elles voient l'abìn1e de chaque còté; mais il ne manque j amais d'esprits conséquents qui les forcent à produire tout ce qu'elles contiennent. Voilà quelles réflexions je faisais à la lecon de M. Vacherot. .. Je viens à 1\1. Gérusez, que j'ai entendu deux fois. M. Gérusez donne deux leçons par semaine : dans 'une, il purle d'abondance et sans notes, comme tous ses confrères; dans l'autre, il lit quelques fragments de ses manuscrits sur les objets du cours. L'utilité de cette méthode, dit 1YI. Gérusez, est de faire la différence d~ style improvisé et du style écrit dans le mème per- sonnage, et j 'approuve fort cette comparaison. lVI. Gé- rusez a lu, dans sa deuxièn1e séance, un morceau sur ascal, sa vie et ses ouvrages, dqntj'ai été très-content. Biblioteca Gino Bianco
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