Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875
\ DE P -J. PROUDHON. 99 habileté de libraire ou amour-propre d'auteur? J e ne déciderai pas; mais après m'ètre impatienté, je l'ai envoyé promener, lui et tous ses livres. J'ai assisté aussi à la leçtn1 de I\{. Vacherot, prof es- seur d'histoire de la philosophie ancienne. Celui-ci a la parole plus facile, mais je ne lui trouve aucune pro- , fondeur de vues. Il avait à nous parler de l'.Ecole socra- tique et des écoles diverses et ennemies qui, d'après la comn1une opinion, sont sorties de celle de Socrate. M. Vacherot 4 a essayé de justifìer ce grantl maìtre de morale du reproche qu'on lui a adressé d'a voir donné naissance à des systè1ncs contradictoires; il a prétendu que les disciples de Socrate sa divisaient en deux classes bien distinctes : les uns, jeunes hon1mes for1nés uniquen1ent de sa 1nain; les autres, déjù imbus d'opi- • nions étrangères et les accommodant ou les corrigeant à l'aide de la doctrine socratique. Ainsi, disait M. Va- cherot, Aristippe, chef de l'école cy:çénaYque.. Antis- thène; chef de l'école cynique, etc., ne sont point fils légitimcs de Socrate. Celui-ci recomn1andait la tempé- rancc, la puissance sur soi-1nerne, comn1e moyen d 'ar- river à Ja conternplatiou de la vérité; tandis qu'Aristippo faisait do cette tenipérance un art de volupté et dc plEisir, et qu'Antisthène, en l'exagérant, le poussait au rigorisn1e et à la grossièreté. Mais il ne s 'agit point ici do savoir si Socrate aurait adrnis les conséquences dc l'un ou dc l' al1tre système; il ne peut etre questi on da- van Lage dcs dispositions quc pouvaient apporter à ses lcçon~ quelques-uns de ses disciples : il s 'agit sin1ple- n1cnt dc savoir si les doctrines d'Aristippe et d'Antis- thène se peuvcnt rigoureuse111ent dédùire de.s principes posés par Socrate. Or, c'est ce quo je crois et cc que tout le n1011de supposait uvant ~I. Vacherot. Lu tc1npé- BibliotecaGino Bianco
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