Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875
• 8t CORRESPONDANCE suis tourmenté, harcelé, bataillé par toutes sortes d'en- nuis. lei, mes seuls sujets de désagrément viennent de mon obstination à ne voir personne. Ce n'est pas em- barras ni timidité, car on s 'aperçoit fort bien que je ne suis pas timide, c'est dégout de la société, du monde et des hommes. Je ne vais pourtant que dans deux mai- sons, les plus respectables peut-étre de Paris, M. le pasteur protestant Cuvier et M. Droz. Je connais le · premier depuis sept ans. D'ailleurs, j'éprouve de la fa- tigue en toute compagnie. C'est une maladie que j 'ai prise à Besançon ; les premiers symptomes datent d'avant notre association. J'aime mes semblables et pourtant ils me lassent et m'ennuient. Je me trouve bien de ne voir chaque personne qu'une heure par quinzaine. J e tiens à l'imprimerie comme teigne; plus elle me cause de tracas, plus je m'obstine. J'ai reçu enfin le paquet avec les lettres. J e vous fé- licite du dénouement que vous avez trouvé avec Bailli. Huguenet me mande qu'il espère quelque chose de lui. J e profite de votre permission pour adresser une lettre à mon parent, à l'imprimerie. La première fois que j 'aurai le plaisir de vous écrire, il en fera de méme pour vous. J e ne sais pas quel jour j'aurai de l'argent, aussi ne comptez pas sur un jour fìxe; outre la d.jstance de Paris à Besançon, je puis éprouver moi-méme un re- tard; ainsi ne soyez pas surpris si du 1 er mars je vous renvoie au 4, 5, 6; cela ne dépendra pas de moi. J e vous souhaite le bonjour. P.-J. PROUDHON. Biblioteca Gino Bianco
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