Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875

-. DE P.-J. PROUDHON. ' I • Paris, 17décembre i838. ) A M. 1\'IA.URICE. l\tion cher et ancien collègue, je vous remercie des marques d'intérèt que vous me témoignez; j 'en suis digne, car personne plus que moi u'a besoin de la bienveillance d'autrui. 1\'lalheureusement, il n'est pas aussi vrai que vous paraissez le eroire que j e sois sur le chemin de la fortune; il s'en faut de tout. Qu 9 nd je dis que je veux avoir 20,000 francs de l'imprimerie, je n'entends pas dire par là qu'elle les vaut; je ne prétends pas davantage faire croire qu'on m'en of- frira une pareille somme; je veux dire seulement que pour l'appat de quelque mille francs, je ne me déferais pas d'une chose qui, quoique très-onéreuse pour moi, sera un jour, je ne le vois que trop, ma seule ressource. A toutes les qualités peu capables de conduire un homme à l'opulence, que vous voulez bien me recon- naitre, il vous faut joindre encore le malheureux don de prévoir quelquefois l'avenir, don que, pour mon tour- ment, j'ai reçu dans un degré assez développé. Or, j'ai tous lesjours, et de plus en plus, lieu de me convaincre que je n'ai rien à attendre que de moi-mème, qu'il ne me faut compter que sur mon travail personuel, que je Biblioteca Gino Bianco -

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