Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875
DEP.-l. PllOtJDHON. 73 spontanées sont aujourd'hui des prodiges. Aussi, tout est accessible au travail, devenu l' émule du talent. J'ai pris le parti de renoncer aux cours publics, que je regarde comme un luxe national complétement inu- tile. Je pourrai quelque jour vous régaler des niaiseries qui s'y débitent. J'en ai pris des notes. Je vois M. Droz deux fois par semaine. ·Nous sommes convenus q11'il me laissera mon maitre absolu pour ce qui est de ses soirées et de nouvelles présenta- tions. Sa première exhortation avait été de me recom- mander de fuir l'intrigue; je me suis alors permis de lui rappeler qu'il parlait à un Franc-Comtois pur sang. Je suis accueilli de lui parfaitement, et je 1n'attache tous les jours à sa personn.e. M. Droz inspire la vertu à tout ce qui l'approche. Il suffirait, après une faute; d'étre devant lui pour sentir des remords. Je l'aimerai ccrtainement, sentiment qui me devient tous les jours plus difficile. Si jamais il m'arrivait, en parlant de lui, de rien dire qui marquat seulement du mécontente- ment ou de la froideur, il faudrait croire que je ne suis plus digne de l'estime des honnètes gens. Au reste, je lui ai dit déjà que, pour mériter son estime et son amitié, s'il suffisait de travailler et d'étre honnète homme, j 'espérais obtenir l'une et l'autre, mais que je ne promettais rien de plus. Je vais me préparer tout doucement au grade de · licencié ès lettres; je fais en attendant un peu de ph~lo- sophie et de grammaire ; je traduis Isaie et Andrezel, et je commencerai incessamment rallemand et le san- scrit. Je me repens quelquefois d'avoir sollicité et obtenu la pension Suard; ce sera la matière d'une autre con- versation avec vous, monsieur Pérennès, si toutefois, un Biblioteca Gino Bianco I ,
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