Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875

I \ 72 CORRESPONDANCE mois de mars, sinon ce sera pour l'année prochaine. J'ai la certitude, non pas d 'avoir rencontré juste partout, ·mais d'avoir soulevé des questions capitales en grammaire, d'avoir donné le ,premier une solution rai- sonnée, appuyée de l'observation des faits et de la théorie métaphysique de l'un des plus grands problèmes de la linguistique : rattacher à un principe commun les deux grandes familles de langues indo~germanique et sémi- tique, la première étant, dans la déclinaison, la conju- gaison et la syntaxe , presque le renversement de l'autre. C'est eette opposition qui a toujours empéché, jusqu'à présent, un assez grand nombre de philologues d'admettre, pour ces deux vastes systèmes d'idiomes, la possibilité d'une commune origine. - D'un autre còté, j'ai établi l'édifice de la grammaire pour toute langue possible, stir deux. ~eules parties du discours, ce qui ofire la synthèse grammaticale la plus :simple, la plus lumineus~ qu'on ait encore présentée. A Paris, et je me convaincs chaque jour de cette vérité, il ne faut guère espérer de rencontrerdeshom1nes <lont l'e~prit saisisse et embrasse une synthèse scienti- fiquc quelconque; l'esprit français est trop géon1étrique., trop déductif, et ne ren1onte pas aussi bien des faits aux lois générales des choses. On ne manque pas ici de savants , de personnages d'un vrai mérite qui sont devenus tels par la culture et le travail ; mais cette faculté presque divinatoire, qui seule a fait Newton et Descartes, faculté qui enfante un systè1ne complet, un tout métaphysique, cette facult.é est rare dans notre patrie. Le Français est admirable pour l'analyse, le perfectionnement : il n'a guère de ces inspirations subites quo donnent les vues d'ensemhle et à priori. On ne cultive plus qu'en serre chaude; les végétations Biblioteca Gino Bianco '

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