Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875

DEP.-J. PROUDHON. 7t saurai y trouver quelque matière d'éloge et d'encou- ragement. Enfin, je fus assez heureux pour obtenir quelques mots vagues, qui, au fond, équivalent à une condam- nation complèle de mon travail. « Je ne me suis jamais occupé de grammaire générale, me dit M. Droz, et je ne me permettrai pas de porter un jugement sur des matières qui me sont assez étrangère~ , j 'en suis resté pour mon compte à Condillac, et si vous avez raison contre Condillac, il faut au moins avouer que sa doctrine est bien spécieuse. » J e vis que la lecture de mon livre avait renversé toutes les croyances gram- maticales deM. Droz. M. Michelot, gendre de M. Droz et chef d'une insti- tution , a publié une grammaire française dont les principes et la th~orie sont pris tout entiers de Con- dillac : je 1ne suis assuré du fait par une lecture atten- tive. Or, j 'ai quelque lieu de soupçonner que M. Droz a mis la main à cette rapsodie élémentaire ; et n1a gran1maire générale est le démenti le plus forme!, le plus impitoyable qui ait jamais été donné à cette partie des systèmes du philosophe. Ce qu'il y a de pis, c'est que l'énoncé dans 1nes critiques accompagne Je raison- ne1nent. J'ai annoncé à M. Droz le désir où j'étais de retou- cher mon essai de grammaire, d'y faire de notables augmentations et changements , et de l'adresser au concours de l 'Institut pour le prix Volney. De son coté, il m'a promis de communiquer l'ouvrage à l\i. Feuillet, qui, pour le fond des choses comme pour la marche à suivre dans mes travaux, pourra m'étre de la plus grande utilité par ses conseils et ses lumières. Si j'arrive assez à temps, j 'enverrai mon manuscrit au Biblioteca Gino Bianco , I

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