Correspondance de P. J. Proudhon - Vol. 1 - 1875

4 ... ' .. 70 CORRESPONDANCE philologie ne pouvaient pas plus se préoccuper des intéréts d'une opinion, quelque vénérahle qu'elle fùt," que la chimie ou l'algèhre. Je vous avoue que M. Droz me parut en ce moment un peu alarmé de la direction de mes idées ; et je crois que, sur ce point, le soin de mon repos et de mon bien- étre futur, autant que l'honneur de l'Académie, lui tiennent plus au cceur que la passion des rectifications· historiques. M. Droz me demanda encore : - Quelles études spéciales avez-vous faites? Quel fonds de connaissances est le vòtre ? Que savez- vous? - Rien ; j'ai été correcteur d'imprimerie, et je suis ba chelier ès lettres. - Mais enfin, l'Académie ne s'est pas prononcée en votre faveur sans avoir eu des motifs. Quels ont été vos titres à son suffrage ? - Je me suis occupé de théologie dogmatique, et je serais, je crois, un séminariste passable : la discussion du dogme m'a conduit à celle des textes, et celle-ci à un essai de grarnmaire comparée. Voilà tout. Alors M. Droz me témoigna le désir de voir cet essai, et je le lui offris dès le lendemain. . J'ai revu depuis ce vénérable académicien : il avait eu le courage de me lire jusqu'au bout. Il ne me dit ni bien ni mal de mon ouvrage : il ne s'expliqua ni sur le fond, ni sur la forme, ni sur le style. J amais je ne vis une telle réserve. Quand on condamne les théories d'un auteur, surtout d'un auteur protégé, il y a bien du mal si l'on ne trouve pas de quoi échauffer un peu son courage en flattant son amour-propre. Donnez-moi le plus méchant poeme, le plus détestable roman, je Biblioteca Gino Bianco

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