La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

~IOCVDIE~T SOCIAL 759 dans toutes les grandes villes et dans les communes industrielles et cc n'est guère que dans les villages flamands où les administrateurs communaux ne sont que les fondés de pouvoir des curés et des châtelains que les intérêts locaux occupent ra première place. Le parti socialiste avait présenté des candidats dans plus de cinq cents communes. Dans un grand nombre de localités, nous avions conclu des alliances électorales avec les libéraux ou les radicaux. Notre dernier Congrès avait interdit aux groupes socialistes de contracter des alliances avec des associations politiques qui refuseraient d'adhérer au suffrage universel. Cette décision a été scrupuleusement observée partout où les socialistes ont lutté a\·ec une discipline admirable. Pour comprendre l'importance des victoires que notre parti vient de remporter, il faut savoir dans quelles conditions il se trouve vis-à-vis des autres partis, il faut se rappeler que notre loi d'électorat communal accorde trois et quatre voix aux bourgeois et une voix aux ouvriers, qu'elle exige pour être électeur trente ans d'âge et trois ans de résidence dans la même commune. Malgré tout, les socialistes ont remporté la majorité absolue dans un g·rand nombre de communes et le nombre de suffrages recueillis prouve que partout ou presque piatout ils sont en progrès. A Al1\·ers, les libéraux alliés aux socialistes ont battu les cléricaux sortants avec une majorité de 4,000 suffrages. Le bourgmestre de notre métropole wrnrnerciale, M. Van Ryswyck, s'est rendu lundi soir au local socialiste pour remercier les ouvriers de leur concours et leur proposer de rester unis aux lib.:raux pom la conquête du suffrage universel, le renversement du gouvernement clérical et une série de réformes : cantines scolaires, minimum de salaire, etc., à réaliser dans le domaine communal. Le discours de M. Van Ryswyck, qui est considéré comme un libéral modéré, a produit une impression profonde dans tout le pays. Une manifestation de vingt mille hommes a parcouru dans la soirée les rues d'Anvers en criant : « A bas la calotte! Vive le suffrage universel! » Dans l'agglomération bruxelloise, les élections ont constitué pour le parti socialiste un véritable triomphe. A Bruxelles et dans les faubourgs - sauf à Schaerbeek et à Andechle où les socialistes et les libéraux alliés ont éliminé tous les cléricaux sortants - les socialistes luttaient seuls contre tous les partis bourgeois. A Bruxelles, les libéraux doctrinaires se flattaient d'éliminer !es quatre conseillers socialistes sortants. Leurs menaces ne semblaient pas vaines. Ils ont fait de Bruxelles une ville de luxe, refoulant, par leurs constructions d'avenues et de grandes mes, la population ouvrière vers les faubourgs. Il n'eût donc pas été extraordinaire • de voi_r le nombre de suffrages socialistes sensiblement réduits. Eh bien, c'est le contraire qui s'est produit : nos candidats ont recueilli 2,600 voix de plus qu'aux élections dernières. A Saint-Gilles, très important faubourg de la capitale, les socialistes ont éliminé les libéraux doctrinaires sortants y compris le bourgmestre qui vient d'envoyer sa démission au roi. A Ixelles, autre important faubourg, nous gagnons 1,200 suffrages et deux ouvriers socialistes entrent au conseil corn-

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