MOUYEMEl'\T SOCIAL 757 resta stationnaire jusqu'au ier mars suivant, date à laquelle il subit une nouvelle hausse de r 5 cents, qui aboutit enfin au prix de 2 dollars 60 cents (fr. 13,70) fixé _le 1er mai. Par des augmentations successi\'eS, le pool avait donc, en une année de temps, fait monter le prix du baril de clous de fr. 4,2 5 à fr. 13,70. Mais à ce moment la concurrence s'annonçait de toutes parts et le 1er novembre l'entente fut rompue. Les pools ne manifestent pas toujours leur action par une ascension régulière des prix, souvent ils maintiennent le marché dans un état de perturbation continue. Pour faire disparaître des concurrents gênants, ils provoquent des baisses artificielles auxquelles ils font succéder, lorsque l'ennemi est par terre; des hausses extravagantes. Et cette perturbation n'atteint pas seulement l'industrie faisant l'objet du monopole; elle a souvent sa répercussion dans les industries qui approvisionnent celle-ci. C'est ainsi que la progression du prix des wire 11ails avait déterminé une augmentation du coût de certains fers et de certains aciers. Toute autre est, d'après les documents rassemblés par M. De Rousiers, l'influence des trusts. Personne, dit-il, n'accuse l'A111erica1T1obaccoCo111pa11y d'avoir fait monter le prix des cigarettes, ni l' U11itedStates R11bberCompany d'avoir rendu plus chers les objets en caoutchouc. Il n'est pas établi non plus (l'influence du tar:f douanier soumis à des variations fréquentes rend difficile une exacte appréciation) que 1'A111ericaS111garRefi11illff C0 ait provoqué une hausse du prix du sucre. • Quant au trust du pétrole, il est indéniable qu'il a contribué fortement à la baisse extraordinaire du coût de ce produit. Pour_le démontr~r, il suffit de rappeler qu'en 1871, l'année d'a\·ant)e Trust, on vendait au prix de 24, 24 cents le gallon (o fr. 305 le litre) un pétrole dangereux et d'odeur désagréable, tandis qu'aujourd'hui le Standard Oil livre au prix de 6,2 cents le gallon (o fr. 0775 le litre) un produit de beaucoup supérieur. Pour mettre en lumière les perfectionnements remarquables qu'il a apportés aux opérations de transport et de raffinage et pour obtenir du même coup la différence qui existe entre les procédés des trnsls et ceux des pools, il n'y a qu'à suivre, depuis 1871, la diminution progressive de l'écart entre les prix du pétrole brut et du pétrole raffiné. En 1871, l'huile brute prise aux puits était cotée 10,52 cents le gallon et l'huile raffinée, prise à New-York, 24,24 cents, soit un écart de ' 13, 72 cents par gallon. En 1878, une année avant l'établissement des grandes canalisations (pipe lines), cet. écart n'était plus que 8, r I cents (2, 76 contre 10,87). En 1887, il tombait à 5,16 cents (1,59 contre 6,75) et, en 1893, il était de 4,72 cents (1,50 contre 6,22). Ces chiffres prouvent que les opérations de transport et de raffinage reviennent aujourd'hui moins cher au public qu'avant le Trust et que celui-ci, qui a monopolisé en fait la raffinerie, n'a pas recours à une fixation de prix arbitraire, comme des accapareurs de wire nails par exemple. La monopolisation de l'acier marque d'une manière plus saisissante encore la distance qui sépare les manières d'agir des pools et des trnsts. Durant plusieurs années, la production de plaques de blindage et de rails a fait l'objet de pools qui fonctionnaient pendant quelques mois, se -disloquaient et étaient remplacés par d'autres pools. La dernière de ces ententes fut brisée le 8 fé-
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