La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE manger des galettes, 2° pour y faire leurs pàqucs, 3° pour y accomplir leurs deYoirs religieux, cela fait, n'est-ce pas, trois congés aussi successifs qu'abusifs? Seulement l'orateur ne sait pas cc qu'il dit ou se moque de son auditoire : manger des galettes et accomplir ses dcYoirs religieux c'est precisémcnt celebrcr les fètcs de Pàqucs. Il y a donc un seul et unique congé accorde aussi bien aux Israélites qu'a tous les autres soldats ù P."iques et Yoila les contes que font à la tribune MM. les députés antijuifs. Ils oublient par contre de mentionner les odieuses brimades dont sont Yictimes les malheureux conscrits israélites: ils ont omis cette lamentable histoire <lecc paunc soldat juif accusé de YOI par deux conscrits espagnols et passant dcYant un conseil de guerre qui allait le condamner, lorsqu'un français de France indigne raconta cornmcnt nos deux Algériens aYaient comploté la perte du Juif en glissant dans sa paillasse une pièce d'argent. Il Yasans dire que ces inElmes délateurs n'ont pas été pourSUIYIS. lis ont omis de conter comment beaucoup d'officiers, de sousofl1ciersde France tutoient, brutalisent et accablent d'injures le pauYre soldat juif, gui n'en peut mais. Ils ont omis de narrer les incidents scandaleux dont certains sous-officiers ont cté :\ Oran les tristes héros, - et l'attitude inouie des zouaYes acceptant les produits des magasin-, pillés, et les excés commis parfois par les ti1:ailleurs. Ils ont omis d'ajouter que malgré toutes ces souffrances, les Juifs sont les seuls Algériens gui n'aient pas protesté contre k projet de loi qui établissait l'égalitc entre les conscrits de la colonie et ceux de la Métropole. Seul le bataillon Laîerricrc a donné aYcc autant d'ensemble que de furie contre le serYicc de trois ans. Ils ont omi-; de dire que si pcnible et coùteuse que soit b séparation, les Juifs ont, dès 1871, demandé de faire leur service en France, et cette mesure, qui den-ait être appligucc à tout le contingent algérien, n'a été rapportée, sous prétexte d'économie, que sur les instances des patriotes. Il est nai que l'on va se décider cnlîn à prendre définitiYerncnt la mesure d'ensemble gui s'impose. S'ils ont omis bien des points essentiels, ils ont, par contre, fait de curieuses décou\'ertes. Ainsi M. Marchal a trouvé qu'on n'a\·ait jamais \'U annt le décret un Juif marin ou soldat. Il ne sait pas, ce vieil Algérien, que les Juifs ont été les auxiliaires les plus précieux de la conquête. li ne sait mèmc pas que le nom de l'intcrprcte LéYy brille en lettres d'or sur le monument éleYé à la gloire des héros de SidiBrahim. Il ne sait pas que les i.nterprctes inilitaires israélites ont joué un role aussi glorieux qu'efficace. li ne sait rien, cet homme qui impose ses interminables discours au Parlement de France, qui étale à la tribune toute la suffisance de son insuffisance et porte aYcc un sans-

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