La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

~IA CO:S:FESSIO:S:, PAR U~ A};ARCHISTE A PROPOS DES « LOIS SCÉLÉRATES)) MA CONFESSION PAR UN ANARCHISTE Monsieur, Vous entreprenez une enquète, - imp:utiak, m'a-t-on dit, sur l'histoire des « lois scélérates)), Vous en étudiez les applications. Vous n'en blâmez ni les auteurs ni les Yictime~, de parti pris. Vous paraissez sincère dans votre désir de comprendre, et de ne conclure qu'après vérification. "\'otre jugement éclairé peut être utile à quelques individus gui souffrent, et au progrès général de la vérité. Je veux bien accorder ma contribution personnelle à Yos recherches, - une condition formulée, toutefois : Vous ne dévoilerez ni l'insignifiant secret de ma retraite, que je me réserve, ni mon nom, que je dé., guiserai, dans ces brèves explications. Je dissimulerai de même, en maintenant bien entendu les équivalences nécessaires, mes origines de famille, ~t l'actuelle situation de mes plus proches parents. Mes frères se sont estimés atteints par des sévérités sociales, qui, cependant, ne frappaient que moi. Il me plait de ménager les susceptibilités de mes deux ainés: je ne veux point qu'une fausse solidarité familiale répartisse sur des persomialités indépendantes de moi une responsabilité que, en l'assumarit, j'ai entendu n'assumer que pour moi. Je ne vous ferai point, monsieur, de récit à proprement parler. Les événements vous sont connus. Je ne vois aucune utilité à en 'fàppeler le détail. Vous m'avez demandé : -· Comment se forme, dans une « âme >) d' « intellectuel ))' ·une conscience de théoricien anarchiste? - Par quelles étranges rencontres se noue une alliance telle que l'ont réYélée des perquisitions judiciaires, (voici passé un lustre), entre un Etienne Delage - c'est moi - et l'homme qu'un

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