638 LA REVUE SOCIALISTE NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Le Sultan et les grandes puissances, essai historique, par MALCOLM MAC CoLL, traduit de l'anglais par Jean Longuet, préface d'Urbain Gohier, 1 vol. gr. in-8, 5 fr. (Felix Alcan, éditeur.) - Une des questions les plus import:mtes et les plus intéressantes de la politique internationale est snns contredit la question d'Orient. Tant que les problèmes qu'elle soul~ve n'auront pns été résolus, de grandes difficultés se présenteront s:111s cesse devant les diverses chancelleries européennes, menaçant de déchainer les plus graves conflits. Un de ces probkmes, non le moins triste, est soulevé par la situation de l'Arménie, le sort lamentable d.:s Arméniens, ln responsabilité qui incombe nux puissances qui ont permis et permettent encore les massacres ordonnés par le Sultan Ab,lul-Hamid. Au moment où ces massacres excitèrent le plus vivement l'indignation de l'Europe, un des écrivains ks plus connus et les plus appréciés de la presse anglaise, l\l. Mac Coll, entreprit pendr,nt l'hiYer 1896-189ï, dans un des grands quotidiens de Londres, le Dnily Cbro11icle, une vigoureuse campagne pour décider son pnys à intervenir, d'une façon efficace et décisive, en f,n-eur des malheureux chrétiens d'Orient. Ce sont ces articles développés, augmentés d'un historique général de la politique anglaise en Orient, qui sont publiés aujourd'hui chez !"éditeur Félix Alcan. L'auteur, qui est un francophile de longue date, préconise l'entente de la Russie, de la France, de l"ltalic et de l'Angleterre dans la question d'Orient comme pour la solution des principales grandes questions internationales. Dnns une préface où l'on retrouve ses qualités de polémiste, toute la vigueur et la véhémence de son talent, M. Urbain Gohier s'est efforcé de montrer quelles étaient, à coté des responsabilités anglaises, si courageusement indiquées par M. Mac Coll, les responsabilités de la France Jans les affaires d'Arménie. Robert Lindet, député à l'Assemblée législative et à la Convention, membre du Comité de Salut public, ministre des finances, notice biographique par AMAND Mo:-inrn, préface de M. Etienne Charavay. 1 fort vol. gr. in-8° de 444-xrv pages, ro fr. (Félix Alcan, éditeur). - Robert Lindet fut un homme probe, laborieux, humain, un républicain incorruptible, une des gloires les plus pures de la République française. M. Amand Montier n'a eu qu'à exposer simplement les actes de son héros pour montrer que s'il n'a pas la renommée des chefs politiques ou militaires du Comité de Salut public, il est leur égal par les services et le dérnuement. L'auteur n'a épargné ni son temps ni sa peine pour réunir les documents nccessaires à son travail : il a compulsé les archives publiq·.1es et privées et a pu consulter d'importants papiers de famille mis à sa disposition par les descendants de R. Lindet. La doctrine scientifique de l'impartialité l'emporte actuellement dans les esprits, et cette œuvre, inspirée par les principes de justice et de vérit~, est une utile contribution il l'histoire de la RéYolution. Bonaparte et les Iles Ioniennes. Un épisode des conquêtes de la République et du Premier Empire (1797-1816), par E. RODOCANACII!. (1 \'Ol. in-8°, 5 fr. Paris, Félix Alca1,.) - Les iles Ioniennes tinrent dans la pensée de Bonaparte une place beaucoup plus importante qu·on ne serait tenté de !e croire. cc Les îles de Corfou, Zante et Céphalonie, écrivait-il en Iï97, sont plus intéressantes pour nous que toute l'Italie ensemble. » Et onze ans après, en 1808, il disait encore : " Corfou est tellement important pour moi que sa perte porterait un coup funeste à mes projets. » Aussi, d~s qu'il fut maitre de Venise, s'occupa-t-il de mettre la main sur les iles; il y réussit, mais rencontra comme adversaire Je fameux Ali, pacha. de Tébélen, qui finalement, avec l'aide des Russes, chassa les Français. Le sii:ge qu'ils soutinrent it Corfou et qui dura cinq mois, ne fut ni moins héroïque, ni moins glorieux que celui de Gênes; il ne lui a manqué que d'être raconté. Le traité de Tilsit rendit à Napoléon cette possession tant désirée; il y entassa les moyens de défense et s'en occupa constamment jusqu'au jour où les Anglais s'y établirent en vertu du trait0 de Paris et des con\·entions ultérieures. M. Rodocanachi, dont les travaux sur l'histoire d'Italie sont appréciés, a reconstitué l'histoire encore peu connue de tous ces événements, grâce il des documents nouveaux, et l'a fait précéder d'un tableau fort piquant des mœurs de l'ile de Corfou, a\'ant l'occupation. Critique de l'Economie politique. par KARLMAx, 1 vol. in-18 (Sleicher). - Ce livre du grand s0cialiste allemand est comme l'embryon du Capital. l\forx y a affirmé pour la première fois sa maitrise en matière économique, et bien que la plupart des thèses développées dans la Critique aient été en quelque sorte re-
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