La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

LA ~ATURALISATIOX DES JL'IFS ALGÉRIENS Sans doute il aime l'anisette mais il n'est ni plus ni moins alcoolique que ses concitoyens, il chôme ses jours de fête mais en famille. Il recherche le luxe criard comme tous les Orientaux. Ses ressources étant très limitées, car les grandes fortunes sont exceptionnelles et les moyennes sont de plus en plus hypothéquées, il ne peut guére mème, s'il le voulait, << faire la fête ». En réalitl'.:, il fuit l'oisivetl'.:,accepte bien des travaux qui rebuteraient beaucoup d'autres, reste ;'t son comptoir ou à son échope jusqu'à l'extrême Yieillesse et surtout mi:ne la vie de famille. Le Juif indigcne se marie de bonne heure: la proportion des enfants illégitimes israelites est de 35 pour r ,ooo alors qu'dle s'élc,·e chez les Français :'t 9--1-L·a femme juiYe, sans se faire plus d'illusions qu'il ne conYient sur la parfaite fidélité de son mari, donne l'exemple d'une patience conjugale et d'un déYouement maternel admirables. Elle ne recourt au diYorcc qu';i la toute dernic:re extrémité. Et ·loin de craindre la maternité, elle la recherche. Dans les ml'.:narresde b gros commerçants aussi bien que dans les gourbis de misérables colporteurs, on trouYe des familles de 6, ï et 8 enfants. A Tlemcen, sur 82ï ménages pour une population de 4,69--1l-sraé·· lites, il y en a seulement Gr sans enfants et r20 comptent plus de 5 enfants. AAin Temouchent,sur 200 rnénages,on en compte seulement 4 sans enfants et on en dénombre roo avec plus de 5 enfants. A Géryville, sur 60 ménages, on en trouve seulement-~ sans enfants. A Lalla-~larnia, sur 135 on en compte 5, :'t Lamoricicre 2 sur 23, à la Sénia 57 sur 108, à Mostaganem 59 sur 18--1p-armi lesquels 33 ont plus de 5 enfants, à Nemours 14 sur 96, a Perrcgaux --1s-ur 60, ;i Relizane 20 sur 102, a Saïda 4 sur 160 et ainsi de suite. :--.loupsourrions continuer cette énumération démographique et nous trouverions dans les trois départements les mêmes proportions. Partout, entre vingt-deux et vingt-trois an!;, !'Israélite se marie, il épouse une jeune fille de dix-sept à dixhuit ans en moyenne et il fonde une f.unille qui compte toujours des enfants en nombre supérieur à la moyenne constatée dans les mariages français. Cet homme qui se marie jeune, qui a des enfants et souvent aussi ses ascendants avec lui sous le même toit, qui travaille ferme, qui abandonne le plus souvent à sa femme tout le gain et la direction de la maisonn4e, qui envoie filles et garçons aux écoles, qui paie exactement ses i,mpôts, fait régulièrement son service militaire et trouve le moyen d'inscrire son nom en bonne place sur toutes les listes de souscriptions, au demeurant très doux, très affable, très hospitalier, très honoré de la Yisite et de la compagnie d'un Français qu'il reçoit a la place d'honneur, franchement cet homme-là vous semble-t-il un de

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