LA REVUE SOCIALISTE ai_nsique, sur le terrain politique, comme sur le terrain l'.:conomique, le prolétariat danois, par sa solide cohésion, parvient à faire lui-même la loi. Par uce révolution pacifique, le suffrage uniYersel a été conquis. Le mouvement économique n'a pas réalisé moins de surprenants résultats que le mouwment politique. Au point de Yue syndical corporatif il a peut-être donné toute la mesure de ce que peut pratiquement et immédiatement un mom·ement ouvrier. Au point de Yue syndical d'abord, - l'organisation corporative est si puissante que l'on peut dire que les ouvriers traitent le plus souvent d'égal à égal avec le patronat. Cela explique le peu de développement de la législation en Danemark. Le prolétariat - dans les limites bien entendu <lonn~es - parvient à faire la loi lui-même. Il ne réclame l'intervention de l'Etat que pour arracher des subsides aux pouvoirs publics fondés de pouvoir de la classe capitaliste (caisses de retraites, secours, accidents, maladies, vieillesse, etc ... ). Et encore n'est-ce pas à exagérer, puisque - comme les Trade-Unions-anglaises - la plupart des syndicats ont leurs caisses particulicres de secours, de maladie, d'assistance de voyage, etc ... Une telle force n'est possible qu'à la condition que soient organisés tous, ou presque tous les prolétaires. De fait, il en est ainsi, et, dans la plupart des corporations, il est impossible à un ounier non syndiqué de trouver du travail. Au point de vue coopératif, ensuite. - Les coopératives socialistes danoises réalisent un type qui ne se retrouve nulle part ailleurs. Leur but n'est pas de realiser des bénéfices au profit soit des actionnaires, soit de la propagande : il consiste essentiellement à régulariser les prix de marché et à empêcher tout surenchérissement factice des objets de premiére alimentation. A Copenhague, ce but est à peu prés complctement réalisé déjà. Une boulangerie maintient le pain à un prix minimum, et une laiterie-beurrerie le lait et le beurre. Sous peu, une brasserie viendra à son tour maintenir la bière à un prix inférieur. Ces coopératives ont été fondées par le parti socialiste, aYec l'aide pécuniaire des syndicats. Là ou éclate l'opulence de la Social-Démocratie danoise, c'est dans ses Maisons du peuple, aussi somptueuses que celles du Parti ouvrier belge. Copenhague, à elle seule, en possède cinq, nais palais du traYail, aux. vastes salles de réunions, aYec tous les aménagement-s mo · <lernes: caloriféres l'hiver, ventilateurs l'été, salles de spectacles, jardins anglais, etc. Toute la Yie socialiste y est concentrée, et il en est ainsi sur tous les points importants du Danemark. Pour la grcve, il existe une Caisse Gé11érnldees Grèves, subventionnée par les syndicats, et aussi par la cotisation forcée, au moment où la grève éclate. Les syndicats fournissent sans compter aux besoins de l'action politique. Si l'on songe que chaque syndiqué paie mensuel-
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