La Revue socialiste - 1899 - Tome XXX- vol 02

20 LA REVUE SOCIALISTE Sur ces différents points, nulle opposition ne se manifesta à l'intérieur du Congres; ces recherches répondaient aux préoccupations de tous. Et il semble que rien, mieux que ce programme assigné par la représentation suprême des synàicats allemands à la Commission Générale, ne puisse donner une idée de l'ardeur intellectuelle avec laquelle les militants de la classe ouvriére, en Allemagne, suivent toutes les fluctuations du mouvement social, observent toutes les manifestations de la vie économique, pour mener scientifiquement la lutte contre la classe capitaliste, pour conquérir sur elle de meilleurs conditions de salaire et de travail, en attendant l'heure où une transformation révolutionnaire de la société donnera au travail d'autres bases. Mais si l'accord fut complet tant qu'il ne fut question que d'élargir l'action de la Commission sans sortir des domaines qui lui avaient été assignés, des protestations se firent entendre lorsqu'il fut question d'étendre ses attributions, de lui ouvrir un domaine nouveau, le domaine de la législation ouvrière, de la protection ouYriére et de l'assurance des ouvriers par l'État. Ce n'était pas d'une manière imprevue qu'une proposition de ce genre (tait soumise au Congrès. De tout temps les organisations syndicales avaient ressenti le besoin d'aborder ces questions, de veiller à ce que les lois d'assurance et de protection ouvrière fussent réellement appliquées, d'empêcher, par leur propagande et leurs perpétuels efforts, qu'il n'y fût portée atteinte dans les parlements, de pourvoir, en mettant en Iumière leur insuffisance, à leur perfectionnement; seule la crainte de la loi sur les associations les retenait : elles renonçaient à cet objet, afin de pouvoir sans danger de dissolution se fédérer. Or, dans ces dernières années les choses changèrent. Dans plusieurs États de l'Empire la loi sur les associations fut modifiée; et pour le Royaume de Prusse, où il restait interdit aux Sociétés s'occupant de questions politiques d'entretenir des relations, le Chancelier de l'Empire avait déclaré devant le Reichstag que le gouvernement ne tarderait pas à lever cette interdiction. C'était la perspective prochaine, pour les organisations syndicales centralisées, de la possibilité de traiter les questions de législation ouvrière; et l'idée se fit jour que le meilleur moyen de hâter la suppression des derniéres entraves était d'agir comme si elles n'existaient déjà plus. Quelle force pourrait avoir pour la répression une loi dont le rapport avait été solennellement annoncé? Aussi de toute part réclamait-on que les syndicats prêtassent à ces questions une attention plus grande. L'idée fut bientôt exprimée qu'il convenait d'en organiser l'étude, qu'il fallait centraliser les recherches et les renseignements; et le centre de toutes les organisations syndicales d' Allemagne apparut comme l'organe le mieux approprié à cene nouvelle

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