LE RftVE DE PIERRE DA\'ANT 177 -A YOtre compte, dit Frizet, qui tenait sa querelle, il suffirait de se prétendre doué pour l'exercice d'un art long et difficile, pour être entretenu à grands frais par la communauté. Lagaline allait risposter, mais le car <'.:taiat rrivé dans la cour de l'école et ses arguments eussent été perdus dans la bousculade de cette vingtaine de voyageurs se hâtant de descendre. li se promit de reprendre la partie un autre moment. - Tous vos collégues, demanda-t-il à sa voisine aprcs l'avoir aidée à descendre, appartiennent donc à la septicme section? on répondit-elle. Nous étions allés en spectateurs à cette réunion. Seule, la citoyenne Florentin appartient à la<<sociologique». Moi, je suis de la « physique ». Thérése conduisit ses invités dans un vaste jardin oü s'ébattaient avec des cris cinq à six cents enfants de sept à quinze ans. Le son d'une cloche les avertit que des visiteurs survenaient. Ils cessérent leurs jeux et, tout essoufflés, il se groupèrent sur les indications de quelques instituteurs des deux sexes. Inutile de dire que, comme dans toutes les écoles, garçons et filles participaient aux mêmes jeux et aux mêmes travaux. - Je Youdrais vous montrer comment nous enseignons l'histoire à nos enfants, dit Thèrcse à Pierre. Quelle classe voulez-Yous que je prenne pour notre expérience ? Pierre désigna un des groupes qui s'étaient formés au son de la cloche. - Le groupe des « Treize ans », soit. Eh bien ces soixante éléves YOnt se distribuer les rôles du thème que \'ous voudrez bien leur donner, fit-elle aprcs s'être approchée aYec Pierre du groupe des Treize ans. Ce fut un èclat de joie dans le groupe à cette annonce. Thércse tira son carnet de sa poche et l'ouvrant, à la page ou sc.: trounit la liste alphabétique des éléves du groupe désigné, elle appela un enfant du groupe des Sept ans qui s'était approché curieusement. Elle tira une épingle de sa chevelure et la tendit au bambin. • - A présent, dit-elle à Pierre, le théme? - Oü en est cette classe? demanda-t-il. - Vous savez comment nous enseignons l'histoire. Plus de ré<mes ni de chronoloo-ie. De o-rands faits saillants, dont l'action a été ::, 0 0 décisiYe sur la marche du monde. Et à reculons, selon la méthode inventée par les Anglais. Ne leur parlez pas de la Charte de Louis VI, ni de Berthe aux grands pieds. Nous n'en sommes encore qu'à l'époque oü Mazarin s'enfuyait avec le jeune Louis XIV devant les Parisiens révoltés. - Eh bien, dit Pierre en se décidant, est-ce trop demander à ces chers enfants que de nous faire revivre par leurs propos alternés la I2
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