La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE Le patron en profite pour <lire qu'il vend trop bon marché. Les dicnts protestent platoniquement. Mais, en reYanche, il n'a pas eu le mal de mer. Le patron, qui ne manque jamais l'occasion d'être aimable aYec ses clients et surtout aYec ceux qui paient bien, lui dit qu'il a manque sa Yocation, qu'il aurait fait un Jean-Bart. On applaudit, là-dessus on s'emballe. Les uns pn'.:tendent que ça ne prou\'e rien, que Jean-Bart aYait le mal de mer ... - Et Duguay-Trouin aussi, disent d'autres. - Et moi donc! ajoute une des grosses en sirotant sa dernicre gorgée d'absinthe. On parie une bouteille que non, deux bouteilles que oui. On les boit de suite et l'on se renseignera demain. Le monsieur à la darne sccbe comme un coup de trique est chargé de fournir les renseignements, il a chez lui l'histoire des grands hommes qui ont illustre la France sur terre et sur mer. Une occasion qu'il a trou,·ée :\ !'Hôtel des \'entes. On en reYient au Ha\'re. Notre explorateur dit qu'il a rapporte de superbes coquillages, un entre autres est un vrai bijou. La grosse:\ !'absinthe qui décidément est agressi\'e, lui fait remarquer en minaudant qu'il a de la YCine. On rit et la grosse y gagne une poussée de sa \'Oisine et une menthe à l'eau de l'heureux excursionniste. * * * Entrent deux rnucisiens, une harpe et un accordéon; ils font comme chez eux, ils prennent des chaises et s'installent. J'ai bien e1wie de m'en aller, mais je n'ose pas, j'aurais l'air de ne pas aimer la musique. - On va danser, s'écrient en chœur les grosses et les maigres, les blondes et les brunes. Le harpiste accorde gravement son instrument, l'homme à l'accordéon en fait autant. Le patron range les chaises, gare les Yerres et les bouteilles. Ça Y,l bien aller, je vois ça. Les musiciens sont prêts, ils commencent une polka. - Pas une polka, c'est trop commun! Une scottish. Ils y \'Ont pour une scottish qui doit donner des e1wies de boiter. L'excursionniste empoigne la grosse, un autre en attrape une maigre, le patron prend une pose de chef d'orchestre et les voilà tous sautilLrnt. - Une Yalsc maintenant, crie-t-on. Le p,lll\TC Mctr,l est de la fête, on lui écorche sa \'aise des Roses, mais ça ne fait rien.

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