n.: CABARET DE ~10'\T~IARTHE 739 Il ne sert qu'cxceptionnellement. li sun·eillc allant <l'une table à une autre, la ser\'ictte sous le bras. Les clients aiment mieux ça, c'est plus chic, on se croirait au Palais-Royal ou chez Dinochaux, de célèbre mémoire. La cuisiniere fait de temps en temps une apparition, hist~irc de placer un mot pour rire en se grattant le bout <lu nez, et se retire pour servir soit un bouillon, soit un macaroni au o-ratin plat entre autres 0 ' ' ' qui m'a paru être tenu en h:rnte estime par les clients, bien que tous Français ou à peu près. La cuisinicre est grosse à servir d'enseianc. Elle porte néaliacm- , ..__ 0 t, 0 ment une camisole à carreaux blancs et noirs, un tablier bleu à bavette volumineuse. Sa jupe à carreaux est plus courte par devant que par derriere, mais il n'y a pas malice à y Yoir, cela tient à l'embonpoint particulier de la brave femme qui, du reste, n'y fait gucre attention. La clientèle est entrelardée : il )' a du aras et du maiare ca 0 0 > • <lépend de l'âge de l'observateur et de sa façon d'en\'isager la vie. * * * Quelques-unes des tables, mieux placées et plus en vue du dehors, sont accaparées par des filles, les unes trop bien peignées, et les autres pas assez. Le parfum plus que douteux qu'elles répandent fait du tort à celui de la cuisine; on se demande si cette odeur de graillon Yient de là ou de ces dames ... Et le patron ne peut rien à cela; puis il ne s'en aperçoit pas, il y est tellement habitué. Les hommes sont comme les haricots, tout ce qu'il y a de plus panaches; c'est-à-dire moitié l'un moitie l'autre. Il y a un peu de tout, quoi, comme dans les revues du Ch1telet et les drames de Dennery. Ici c'est un ouvrier qui le fait au gandin, - cc qui ne l'avancerait guère d'être pris pour tel, - là c'est un gandin qui pose à l'enfant chéri des dames; plus loin un simple employé qui se donne des airs de chef de rayon en aoauette • en face un Adonis à rouflaquettes qui attend 0 V ' sa dame, laquelle est allée faire un tour; si elle a réussi, on mangera un plat de plus et l'on ira jusqu'au cafe et même au pousse-café. Une petite femme blonde comme les blés,àlavoixde clarinette, se fait payer à diner parun bon monsieur fraîchement débarqué à Paris. Il n'a pas tout à fait l'air d'être à son aise. On Yoit qu'il n'est pas chez lui et que ça n'est pas dan·s ses habitudes ... Oh! le Yilain ! si sa femme le savait! Les craintes qui certainement l'obsedent l'empêchent d'être heureux et de s'abandonner aux douceurs de sa bonne fortune. La petite blonde l'exhibe, elle en est fiere. Pensez donc, un beau
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