LE TROISIÈME CO~GRÈS DES SYXDICATS ALLEMANDS 649 tiques. A Cologne, au fond de la querelle Je deux hommes, Legien, Auer, au fond du conflit de deux institutions, la CommissionGé11érnle des Sy11dicats, le Comité directeur du Parti, avait apparu la compétition de deux tendances du mouYement ounier, de la tendance politique et de la tenlfance syndicale. Et Legien avait formule, au sein du congres politique, les revendications de la tendance syndicale. Plus tard, dans la question des« plans obscurs»,l'attitudc de la Commission avait éte une affirmation de .l'indépendance du mouvement syndical. Aussi Legien et la Commission curent-ils au congres de chaleureux. défenseurs. Pendant quatre jours les débats se poursuivirent aYcc vivacité. Divers projets d'organisation ayant pour objet d'écarter la Commission Générale furc.:nt examinés.Ce n'était pas le principe de la centralisation qui était attaqué : aussi bien tous les délégués au Congres representaient-ils des organisations cèntralisécs, ou que des considérations légales empêchaient seules de se centraliser, et à peu près tous reconnaissaient la nécessite d'un lien qui les réunît. Ce qui déplaisait ù certains, dans la Commission Générale, c'est qu'en elle les organisations avaient <c une t0te », c'est qu'elle était comme l'incarnation personnelle, individuelle, du mouvement syndical, l'affirmation vivante de son indépendance vis-:i-vis du parti. Les uns voulaient substituer :·1 la Commission Générale un simple correspondant ou secrétaire général; d'autres, une société formée par les présidents des fédérations, qui nommerait un fonctionnaire pour la gestion des affaires; d'autres voulaient une alliance des Syndicats. Ces di,·crs projets furent repoussés; et la Commission Générale fut maintenue. Mais on lui adjoignit un corps consultatif, le Comité sy11dical, composé de représentants des comités de toutes ks fédérations ou de toutes les organisations locales ne pouvant se fédérer, qui payaient régulièrement leurs cotisations à la Commission Générale.Ce Comité devait être convoqué par la Commission au moins une fois par trimestre, et devait être instruit par elle de sa gestion des affaires et de ses projets. En outre, de l'opposition passionnce faite à la Commission Générale il résulta pour elle, non pas, comme au précédent congrès, une diminution de ses attributions, mais une diminution de ses ressources. A la cotisation de j pfennigs (6 centimes 1/4) qui lui était payée, chaque trimestre, par chaque syndicat pour chacun de ses membres, fut substituée une cotisation de 3 pfennigs. La Commission Générale était maintenue, mais elle ctait maintenue appauvrie, affaiblie. Vaillamment, elle allait pourtant reprendre sa tkhe. C'est ici que ~ommcnce la pcriode d'activité dont elle allait aYoir a rendre compte devant le troisième Congrès des Syndicats d'Allemagne,
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