~lOU\"EME~T SOCIAL Les repos pendant le traYail sont assez largement accordés. Le repos de midi a été porté de r h. rj.~ à 2 heures dans plusieurs usines. Le repos du dimanche est en aéncral riaoureusement obsen·é 0 0 dans la grande industrie. II n'en est pas de mèmc dans la petite industrie et, particulicremcnt, dans la branche de l'alimentation, où il semble presque impossible de faire observer les réglemcnts. Quant à la durée normale de la journée de tra,,ail pour l'ensemble des industries, on aurait constaté cc qui suit : Établissements ayant une journée ne dépassant pas 8 heures 3, 5 o/o 9 16,00 JO 29,00 Il 31,00 Il 20,00 Au-delà de 12 0,50 - Maintenant, par rapport aux salaires moyens des ouvriers employés dans l'industrie, la moyenne générale, qui aurait été, dans la période 1840-45, de 2 fr. 07, s'élève, en 1853-57, à 2 fr. ro; en 1860-65, à 2 fr. 76; en 1874-1884, à 3 fr., et, en 1891-96, à 3 fr. 9-l· La moyenne générale parait ainsi avoir presque doublé. C'est dans l'industrie minière que la durée du travail est plus faible, tandis que l'industrie textile présente la proportion la plus élevée. Dans la métallurgie et la \'errerie, la journée de travail descend bien souvent au-dessous de huit heures. Malgré les données ci-dessus, qui paraissent établir que la situation économique des ou,Tiers en général s'est améliorée dans les cinquante dernières années, on peut douter qu'il en soit vraiment ainsi, même si on ne tenait pas compte de l'augmentation qu'ont subi les prix des choses nécessaires à la ,·ie, par suite surtout des taxes plus graves qui frappent les objets de consommation ordinaire. Mais, cc qui caractérise la condition de l'ouvrier moderne, c'est l'incertitude du lendemain, la concurrence la plus implacable et le chômage qui s'étend et s'accentue chaque jour davantage. Partout, le nombre des ouvriers sans traYail augmente, et il augmentera encore à mesure que la technique progressera; le chèmage normal est un phénomène moderne, résultat du régime capitaliste; si l'on en avait tenu compte, les données statistiques ci-dessus auraient parlé un autre !an- •gage et montré que si quelques catégories d'ouvriers ont amélioré leur situation, la masse, dans son ensemble, a vu diminuer ses ressources et augmenter ses souffrances et ses inquiétudes. ADRIEN VEBER.
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