La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

MOU\'EMENT SOCIAL 637 rant pas leurs ouvriers aux caisses de maladie. En ce qui concerne le paiement des cotisations à côté des patrons qui, par divers moyens, ne s'acquittent pas intégralement de leur dette, il y a lieu d'en signaler d'autres qui prennent à leur charge la totalité des cotisations. L'assurance-accidents continue à être l'objet de réclamations, tant de la part des ouvriers que de celle des patrons. On se plaint de ce que les primes sont trop élevees et de ce que les pensions sont trop faibles, on se plaint aussi de la longueur des formalités qui précedent la liquidation des pensions. De plus, les subtilités de la loi à l'égard de la distinction des travaux assujettis à l'obligation de l'assurance et de ceux qui ne le sont pas demeurent incomprises du public. On se demande, par exemple, pour quelle raison les cochers de fiacre, qui ne conduisent qu'à un cheval sont astreints à l'assurance, tandis que les boulangers et les bouchers, qui possedent plusieurs chevaux et occupent . plusieurs conducteurs et charretiers, ne sont pas soumis à la même obligation, etc. On sait que la tarification des risques repose principalement sur la présence oc, l'absence des moteurs. Or, on ne tient aucun compte, dans cette distinction, de la durée de l'emploi du moteur, et il en résulte que des etablissements qui n'emploient qu'un petit moteur, et seulement pendant quelques heures par mois, se trouvent placés dans des classes de risques en réalité bien superieures à celles qu'ils devraient normalement occuper. TRA\'AIL DES FEMMES ET DES ENFANTS Les emplois illégaux d'enfants, d'apprentis et de femmes ont porté, en 1896, sur 764 personnes, soumises à b protection, dont 303 dans des entreprises conduites industriellement et 461 dans des établissements non conduits industriellement. Les inspecteurs ont eu à constater l'occupation illegale au travail de nuit pour 539 personnes, comprenant 11 garçons <le moins de quatorze ans, 369 apprentis de plus de onze ans et 159 femmes. ,SALAIRES Les irrégularités dans le paiement des salaires sont l'exception. Les intervalles des paies sont, comme on l'a remarqué pour les années précédentes, tres varies. Cependant, le systeme de la paie hebdomadaire est le plus employe. La paie p·ar quinzaine est assez répandue dans l'industrie textile; la paie mensuelle, dans l'horticulture, dans certaines exploitations minérales, dans les hôtels et les restaurants. Dans la petite industrie, les intervalles sont souvent irréguliers. Le jour de paie est habituellement le samedi. . Le,s rapports mentionnent une série de cas de retenues illégales de salaires. Les retenues pour cantine et boïsson·s sont les plus fré-

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