ESSAIS SUR LA ~IOXXAIE, LE CREDIT ET LES BA'.\'QUES 589 Si, dépassant un moment les limites assignées à cc chapitre, nous jetons un coup d'œil sur le processus consccutif du crédit public en Angleterre dans les années qui suiYent immédiatement, on ne peut qu'admirer la régularité et la direction uniformément constante de son développement. En r7r6, il n'est plus dressé qu'un compte général du produit <le toutes les taxes (r). En Iï--19, on simplifie encore l'œuvre de généralisation à la suite d'une Yaste opération de conversion; finalement, peu après, sous Georges lll, un ..\et du Parlement décide que tous les impôts et contributions seront portés à un compte unique sou" le titre de Fo11dsco11solidé. Dès lors les gages disparaissent comme tels; les rentiers ont pour garantie directe l'Etat et indirecte l'ensemble de ses reYenus préle\'és sur la richesse générale de la nation. Le tableau que nous avons dressé ci-dessus de l'éYolution du crédit public en Fr,rnce antérieurement au dix-huitiéme siècle, tableau qui, d'une façon générale, s1applique à toutes les nations du continent età l'Angleterre, <lo;tdonc C:trecomplété pour la mème période par les stades superieurs parcourus par cette dernière grâce à son dé\'cloppement éco:~omique et social plus aYancé: Perception par l'Ùat des produits <les taxes, etc., donnés en garantie; Classification et groupl'mcnt de ces produits par similaritl'.:; Établissement d'un compte unique et général des produits; Institution cl'111f1o11ds co11solic!J sous la garantie génl'.:rale de l'État. Ajoutons encore, aYant d'abandonner la première partie de cette étude relali\'C au crédit public, qu'à la fin du dix-septième siéclc, en Angleterre également, la création de la Banque de Londres en 169_1 est étroitement liée au crédit public; c'est une dette de l'l~tat qui constitue le premier capital de la banque. Il en a\'ait du reste eté de même pour les premit'.:res institutions de ce genre créées en Italie, la banque de Gênes et la banque Je \'enise; l'une et l'autre étaient nées de nécessités d'l~tat. Le crédit pri,·é se confond Jonc à un ccrt.lÎn moment avec le crédit public; c'est même parfois, à l'inverse de l'évolution que nous venons de décrire, le crédit priYe qui arriYe :i. faire le ser\'icc de la trésorerie de l'État. Nous signalons le phénomene parce que ses origines remontent .i la constitution <les grandes banques de dépôt, d'escompte et d'émission; nous poursuinons la description du processus de cette nouvelle forme de crédit public dans nos ctudcs relati\'es aux dix-huitième et dix-nCU\'icme siccles. Les problèmes que soulèYe l'organisation du crédit public sont de • . (r) I-familton, Histoire de la delle a11glaise, 1'° éJit. 1813.
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