La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

ESSAIS SL.R LA MO\'\'AIE, LE CRÉDIT ET LES BA\'QCES 587 comme le Portugal, ont encore donné l'exemple dans ces derniers temps; l'État n'est qu'un agent social, il ne peut faire faillite sans que la société dont il est mandataire soit solidaire de ses enaaaemcnts et, t, ::-, s'il le faut, de sa ruine. Aussi, par application de cc principe reconnu alors pour les garanties données par les cités mais qu'il est juste d'étendre aux sociétés entières, voyons-nous qu'en 1612, la République de Gênes fit saisir un bourgeois de Londres trouYé sur son territoire parce que la communauté de Londres avait garanti une grosse dette de la Couronne envers un Gênois. Comme les rois de France recourent habituellement à l'Hotcl-c!eVille de Paris, les rois d'Angleterre le font à la cité de Londres; ce fut à diverses reprises le cas pour Jacques Ier. La cité de son cote exigeait des garanties, tantè>t les recettes de la douane, tantè>t les Carrichgoods ou butin fait par les corsaires sur les caraques d'Espagne ou de Portugal, butin dont la Couronne avait une part et dont l'exploitation etait organisée comme une véritable entreprise commerciale, car la Course était constituee en sociétés d'actionnaires dont les titres etaient fort apprécies pour ne pas dire estimés. Cependant, si l'absolutime monarchique avait triomphé en Angleterre, l'ernlution du crédit public y cùt abouti à la banqueroute comme en France et ailleurs. Il suffit de se rappeler qu'en juillet 1640, Charles Jcr, à court de ressources, en arrin à faire saisir tous les lingots d'or et d'argent déposés par les marchands étrangers à la Tour de Londres pour être convertis en monnaie; il finit, il est vrai, par C'n restituer les deux tiers, mais garda le surplus à titre d'emprunt forcé. Une fois les prétentions de l'absolutisme royal mises à néant, l'évolution du crédit public anglais ne tarde pas à se diflérencicr, en les dépassant, de toutes les formes pratiquées sur le continent et jusque-là _en Angleterre même. Nous avons vu comment s'opéra, parallélement à l'ancienne conception de l'État absolu et fermé, la dissolution du systcrne mercantile. Ad. Smith admet lui-même que ce régime avait eu des effets avantageux notamment la répartition des charges publiques sur un plus grand nombre d'industries; le système grandissant de la liberté naturelle tant dans l'économie que dans la politique sociale, eut à son tour pour conséquence un nouveau développenient non seulement de l'organisation fiscale mais du crédit public. La confiance nationale soutint de plus en plus un gouvernement également national. La confiance ·publique n'est que le reflet dans la conscience collective des garanties réelles offertes par cet organe de la société qui s'appelle l'État; alors pour le crédit public il arrive comme pour la

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