LE PROLl~TARIAT JUIF E~ ALGÉRIE De ce total on peut dl'.:tacher quelques détails : à Constantine, sur I ,249 ménages, on en compte 208 aises, en considérant comme tels ceux où l'on peùt dcpenser un franc par jour et p:u personne. li y a 1,016 ménages d'une indigence extrême, 36-1- seulement sont secourus, 717 ont pour logis un bouge recevant le jour par la porte seulement; les privilégiés, c'est-à-dire ceux qui sont assistt'.:s, reçoivent en moyenne 2 francs par semaine, les autres sont réduits :\ la rnendicitl'.:. Dans les petites localitl'.:s, l'indigence est encore plus affreuse; il n'y a pas de caisse commune et les indigents Y0nt guèter de porte en porte. Le Yendredi on rnit leurs lamentables thl'.:ories s' .'.:taleren groupes loqueteux et serpenter de maison en maison; l'un reçoit quelque argent, l'autre un peu de pâte, et on se demande par quel miracle ils pourront vine jusqu'au Yendredi suiYant. A Jemrnapes, une chambre de quatre niétres carrés est occupce par huit personnes, une autre de même superficie par cinq, une autre de trois mètres carrés par deux personnes; ces malheureux couchent le plus souvent dans la rue, surtout en étc. A M'sila on trouve d'horribles gourbis; à Biskra, sur 26 ménages, 16 occupent une seule chambre, dont 5 reçoivent le jour par la porte seulement; un ménage est secouru, il reçoit un kilo de pain par jour. La communauté est dans la misère la plus compléte. Il Ya sans dire que tous les indigents, sauf rarissimes exceptions, ne reçoivent de secours que de leurs coreligionnaires; tandis que les étrangers, soustraits à presque toutes les charges et causes de troubles et de dangers perpétuels, absorbent 80 °/o des crl'.:dits de secours, les Israélites, qui sont eux-mêmes pau\Tes (Yoir tableau n° 1), doiYent assurer seuls l'assistance des indigents. cc A Oran, par exemple, les Israélites payent 87,926 fr. 71 d'impôt foncier, 60,678 fr. 80 de taxes municipales, et, comme on l'a dit un peu plus haut, leurs taxes de patentes sont considérables. Eh bien, en 1888, sur 2,388 individus secourus à Oran, il y a r 25 Israélites, 200 Français et 1,920 Espagnols. En 1889 et 1890, on compte 135 et 130 Israélites secourus pour 195 et 210 Français catholiques, contre 1,915 et 1,91 o Espagnols. « Si l'on se reporte maintenant i la statistique générale, on vérifiera le même fait : le nombre d'israélites secourus aux frais communs est dérisoire, surtout quand on se rappelle qu'il s'agit d'une population pauvre de prés de 50,000 âmes; le nombre des étrangers secourus est exorbitant. .. Il va sans dire que la proportion croit et embellit i mesure que l'influence du parti français se fait mieux sentir. .. De 1894 à 1896, on a admis dans les hôpitaux algériens 1,822 Israélites cont_re 25,250 étrangers, et aucune convention diplomatique n'assure à nos nationaux la réciprocité» (1). (1) Lenormand. Péril Élra11ger1 pages 361 à 36+. 34
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