LE PROÜTARIAT JUIF EN ALGÉRIE boycottage qui a si bien réussi contre le miséreux juif. Dans sa lutte contre le prolétariat israélite l'antisémitisme algérien n'est inspiré que par une aveugle ·cupidité. Il ne peut se réclamer ni d'une idée nationale puisque il tend à remplacer l'indigène par l'étranger, ni d'une idée humanitaire puisqu'il aggrave encore la situation d'un prolétariat misérable. Va-t-on justifier les cris de haine et les mesures de proscription en prétendant que la classe ouvrière juive est un danger pour l'ordre' public? Qu'il y ait dans cette foule de malheureux un certain nombre d'individus volontairement oisifs et vivant du vice, personne ne le conteste. La statistique judiciaire révèle par exemple en dix ans pour l'arrondissement de Constantine, 105 condamnations pour ivresse, coups et blessures, outrages aux agents et rébellion, 2 condamnations pour abandon d'enfant, une pour outrage à la pudeur, une pour excitation à la débauche. En 1894, la cour d'assises du même lieu a prononcé une condamnation pour attentat à la pudeur et une autre, en 1885, pour avortement (r). On trouve quelques Juifs exploiteurs de jeux de hasard, croupiers; dans les départements d'Alger et de Constantine un nombre appréciable de prostituées. Le Juif prolétaire est ordinairement buveur de mahia : la misère explique ces habitudes alcooliques; mais en général son goût •pour l'anisette ne tourne pas à la passion et les condamnations pour ivresse restent exceptionnelles. Ces tares communes à tous les prolétariats et imputables en grande partie à l'organisation sociale n'atteignent que la minorité : pris en bloc, les prolétaires Juifs d'Algérie offrent une moralité moyenne bien supérieure à celle de la tourbe exotique pour laquelle le parti' cubain veut conquérir la colonie. Parmi eux, le célibataire est une exception; tandis que la moyenne générale des familles comptant cinq enfants vivants atteint 7 à 6 °/o elle est chez les Israélites voisine de 17 °/0 • Les métiers interlopes, sauf de très rares exceptions, ne sont jamais exercés par le prolétaire juif comme le prouvent les 60 professions ( voirtableau n° II) où l'on retrouve sa présence. Il vit en famille, soutient la plupart du temps ses vieux parents et chez lui ne boit que de l'eau; la femme est généralement souveraine en tout ce qui touche le gouvernement domestique; la misère la condamne à de rudes travaux. Joints au mariage précoce, aux nombreux enfants et (1) Nous choisissons à dessein Constantine, la ville sainte de l'antisémitisme. De 1887 à 1895, la cour d'assises a prononcé contre des Juifs 4 condamnations pour faux, 2 pour banqueroute frauduleuse, 5 (dont 2 femmes) pour vol qualifié, 3 pour banqueroute, une pour attentat à la pudeur, une pour avortement. Endixans, de 1887 à 1897, le tribunal correctionnel du même lieu a prononcé contre des Juifs 155 condamnations dont 73 à l'amende seulement. Il faudrait compter dans le même espace de temps par milliers les condamnations prononcées contre les Arabes et contre les Européens.
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