LA RE\TE SOCIALISTE En ne tenant compte ni des employés de commerce ni de la foule Jes petits épiciers (gros commerçants exploitant une boutique de 5 mctres carrés, achalandés d'un stock Yaric de 200 francs de marchandises) et pour classer uniquement les colporteurs et ouvriers manuels, on voit, à la lecture du tableau précédent, que sur une population totale de 53,000 individus il y a 41,284 prolétaires : Yoilà une ploutocratie singuliérement redoutable et d'un ordre vraiment original! La mC:mc ploutocratie compte 6,284 om-riers et colporteurs et r,963 ouvriéres. Or, en se reportant aux données fournies par la statistique générale (dénombrement de 1891), on trouYe pour la colonie tout entiére, en comptant Arabes, ctrangers, Français et naturalisés, 28,38ï ounicrs, des industries textile, extractive, métallurgique, des objets en métal, du cuir, du bois, du bâtiment, de l'éclairage, de l'ameublement, de l'habillement et de la toilette, de l'alimentation, de luxe, de l'État, des industries céramiques et relatives aux sciences, lettres et arts sur une population de 4,077,273 individus. On y relhc dans les mêmes conditions ï,833 ouYrieres. Sans doute il y a en Algérie 237,510 ouvriers agricoles; mais il n'en reste pas moins que la classe ouHière est de beaucoup, proportionnellement au reste de lapopulation, plus nombreuse chez les Israélites que dans toutes les autres catégories d'habitants. Les patrons et employeurs de tous genres dominent ailleurs que chez eux, et, s'il y a une ploutocratie, sûrement elle n'est pas là. On Yoit en même temps combien il est faux de soutenir que l'Israélite algérien est paresseux, qu'il fuit le travail, n'exerce aucun I11étier manuel et dépense toute son actiYité dans les métiers parasitaires. Il serait difficile au contraire de trouYer une population ou le travail manuel soit plus en honneur, et rien n'est plus conforme aux traditions bibliques, aux usages anciens du peuple juif et à ses doctrines philosophiques. Dans toute l'antiquité un seul philosophe a fait l'éloge du traYail manuel et a fait ressortir la dignité du tranil et du traYailleur, - c'est Philon le Juif. Une seule loi a prescrit le paiement intégral et quotidien du salarié, c'est la loi de Moïse. S'il n'y a pas d'ouniers juifs travaillant la terre c'est pour les mêmes motifs, - trés nettement exposés ici même, - qui expliquent le même phénomène en France; les Turcs, comme nos évêques et nos gentilshommes, aYaicnt parqué le Juif dans les Yilles et lui avaient imposé des métiers déterminés. III Qu elle est maintenant la situation de ces prolétaires dont nous venons d'indiquer le nombre? Pour répondre précisément à cette
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