LES PARTIS. POLITIQUES ET L'AGRICULTC:RE EN ITALIE J27 sorte tenu de contrecarrer tout traYail d'organisation économique, quel qu'il soit (associations agricoles), qui peut tourner à l'avantage de la petite propriété. C'est ainsi qu'en Italie - comme du reste en général chez toutes les autres nations - le parti socialiste admet pour le prolétariat agricole la propagande politique et l'organisation économique, les deux ensemble, tandis que pour la petite propri<'.:teil n'admet que la propagande politique seule. En fait, et pour dire vrai, pour le prolétariat agricole même, le parti socialiste n'a fait que bien peu œune d'organisation économique. Bien rares sont dans nos campagnes les coopératiYes de travail et même de consommation, les bourses de tranil, les ligues de résistance. Il existe sans doute un courant qui Youdrait une intervention du parti socialiste au sein de la petite propriété agricole, avec des institutions économiques ( cantines, laiteries sociales, assurances pour les bestiaux, caisses rurales de crédit). Mais il se perd, faute de capitaux, dans le moderne courant d'association de la propriété (coopération). Donc une tactique spéciale du parti, en ce qui concerne les campagnes, n'est pas encore admise. Tout le parti socialiste italien est d'ailleurs d'accord sur ce point : ne pas promettre aux paysans-proprictaires, avec l'avenement du collectivisme, la conservation de leur petite propriété; elle ne peut être considérée comme un instrument de travail, mais bien comme un instrument d~ production, et, par suite, clic est destinée à revenir à la collectivité. Mais la question de la tactique du parti socialiste, en ce qui concerne la petite propriété, n'est pas définie en Italie comme elle l'est en général chez les autres nations d'Europe. Nous en sommes encore au point marqué par le dernier Congrès international de Londres,. 1896. Il y fut adopté une formule (rapport Vandervelde) qui masquait le manque de préparation du parti socialiste en ce qui concerne les groupes agricoles : pas de concept clair des courants actuels de l'économie agraire auxquels tout parti doit pourtant adapter sa méthode de propagande. Ce qui manque donc, par suite de telles conditions, aussi bien au parti socialiste qu'aux autres partis politiques italiens, c'est une action immédiate en faveur de l'agriculture qui réponde à cette préoccupation si vive et si générale : voir augmenter la production nationale, se gagner les sympathies politiques des populations paysannes. Prof. GEROLAMO GATTI, Député au Parlement italien.
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