20 LA REVUE SOCIALISTE moque des fins dernicres ! Le mouYcment est tout pour moi, le but final n'est rien. » Le fond du tableau était fonné par une bibliothéquc remplie de gros Yolumes. Devant la bibliothèque, regardant d'un air ironique ParYus et Bernstein, se trouvait un camarade de Stuttgart, le rabbin Stern, auteur d'une ctudc sur Spinoza. A droite, revêtus de draperies blanches, ctaient les morts, Kayser, Engels, Marx, Lassalle, Grillenbcro-er et d'autres. Ils assistaient avec sérenité à cc dcbat de 0 leurs successeurs. Marx avait la main tendue vers eux, et regardait sans colcrc ces interprètes de sa pcnscc se disputant le patrimoine intellectuel qu'il leur aYait légué. - Les camarades Ycnaicnt voir le tableau, s'arrêtaient et souriaient. 11n'y a point lieu de craindre pour l'unité d'un parti, lorsqu'il pent s'amuser ainsi de ses dissentiments intérieurs. * * * Apres cette fète, l'Assemblcc s'occupa de la question de la politique douanicrc et commcrc_iale de l'Allemagne. Cette question a\'ait été mise à l'ordre du jour à l'occasion des traites de commerce dont aura à s'occuper le Reichstag actuel. li s'agissait de déterminer la ligne de conduite des députés, de fixer l'attitude que prendrait le parti dans la grande question du libre échange et du protectionnisme, qui ne manquerait pas d'agiter l'opinion . •\u Congrès de Gotha, en 1876, le parti avait declaré n'a\'Oir pas de raison de princi pc de choisir.\' oici l'ordre du jour qu'il avait adopté: Le Congri:s d.'.:clareque les socialistes d'Allemagne restent étrangers à la Iuttc entre la protection et le libre échange, qui a éclaté à l'intérieur des cl.1sses possédantes; que la question de savoir s'il faut accorder ou refuser des droits protecteurs n'est qu'une question pratique qui doit l'.:tren~solue dans chaque c:1sparticulier; que la misére des classes tra,·ailleuses a ses racines dans les conditions économiques générales, mais que les tràitcs de commerce actûêîs ont été conclus par le gouvernement de l'Empire d'une manihe défavorable pour l'industrie allemande, et exigent un changement ; enfin que la presse du parti doit être invitée à mettre les ouvriers en garde contre le danger de retirer les marrons du feu pour b bourgeoisie qui, en demandant des droits de douane, aspire ù obtenir l'aide de l'État. Depuis, le parti n'aYait jamais cesse de considérer la question de la protection douanicrc comme une question pratique. La plupart du temps il aYait menc campagne contre les droits protecteurs; il n'avait jamais manqué de combattre la protection des denrées de prcmicrc ncccssité; mais il n'ayait jamais fait de la question du libre échange et du protectionnisme une question de principe.
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