La Revue socialiste - 1899 - Tome XXIX- vol 01

L'DtPfoRJALIS~IE Al\GLO-SAX0:--1 sur 1895, alors que les filés indous gagnent 1 3 °/0 et les filés japonais 900 °/o. Telle est la situation que nous révélcnt les documents officiels anglais eux-mêmes; nous n'y aYons rien ajouté; nous ne lesa\'Ons pas commentés; nous n'avons même pas reproduit les déclarations, les prévisions pessimistes de certains consuls, celui de Milan entre autres. Nous aYons laissé aux statistiqu<.;s toutes nues la plénitude de leur éloquence. On conçoit que les hommes d'État anglais jugent cette situation grave, que le chef du Board of Tradc, M. Ritehie, ait tout rcccmment (24 novembre 1898) exprimé des craintes et des regrets devant la Chambre de Commerce de Croydon et que tout le Royaume-Uni suive avec attention la marche décroissante de ses statistiques. Cc pays se sait malade et écoute anxieusement les battements de son pouls. * * * La classe dirigeante d'Outre-Manche a donné presque sans exception dans l'impérialisme: ôa brusque éYolution se comprend. La stagnation commerciale compromet et ruine son autorité sociale. De même que la féodalité a Yécu de la guerre, la ploutocratie industrielle asseoit sa puissance sur la prospérité de ses échanges. La moindre atteinte ;'.i celle-ci ouvre une bréche dans sa suprématie. La restriction des marchés coloniaux et d'Extrêmc-Orient a pour la prerniere fois, depuis la Yictoire <lu Tiers-Etat outre Manche, troublé sa quiétude, son insouciance. Les marchands de LiYerpool, les grands producteurs • de Sheffield, de Leeds, de Birmingham, de Bradford se sont rappelé que leur élhation à la puissance politique était contemporaine du développement du machinisme et du grand épanouissement de l'industrie britannique. Il était naturel qè1e la chute des statistiques leur semblàt un présage lugubre de prochain effondrement. En aucun pays du monde, la prccminence bourgeoise n'est aussi étroitement liée a la richesse commerciale. D'autre part le RoyaumeUni n'a pas, comme la France, un nombreux prolctariat rural ou une classe de petits proprictaires fonciers. Les ouvriers détenteurs <lelopins de terre ont été, i_ly a longtemps déjà, dessaisis, déracinés au profit des landlords. La population industrielle est autrement dense que dans n'importe quelle contrce du globe, la Belgique exceptée. La bourgeoisie britannique ne saurait, comme la notre, comme les disciples de J\1. Méline, escompter une opposition, une hostilité éventuelle entre les travailleurs des champs et ceux des villes. Le nombre de ces derniers s'est

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