LA REVUE SOCIALISTE 76 ------------:---------------- En est-il de même de ses sœnrs? La plupart d'entre elles perdent chaque jour de leur influence. Quant a celles qui agonisent, elles ne sont pas rares, nous l'avons constaté. Les Caraïbes et les Tasmaniens ont disparu sous nos yeux. Proche. est la fin des Peaux-Rouges et de presque tous les aborigènes des deux Amériques, de l'Océanie et de l'Afrique. « Les races qui vivent solitaires ou par petits groupes ont disparu ou sont en voie de disparaître, dit un auteur anonyme ·c I). C'est en Afrique, où la civilisation est rndimentairc, qu'on trouve le plus de vestiges de races d'hommes entièrement éteintes. La race birmane disparaît graduellement. On peut prévoir le jour où la race canaque n'existera plus. Les NouveauxZélandais disent que « la terre sortira des mains de leurs enfants ». Australiens, Fuégiens et Maoris ne seront bientôt plus qu'un sou ven Ir. ,, Cc que nous disions des races est également vrai pour les nations. Celles qui se désagregent ne tardent pas à périr. « Ce sont les nations les plus fortement unies, c'est-a-dire associées, qui ont triomphé des autres, dit l'auteur précité. Au contraire, une des causes de la chute des empires, et une capitale, est l'absence de solidarité entre les divers mem_bres. Il est si evident que l'accord des hommes est la loi fondamentale du maintien et du progrès de la civilisation humaine que l'extension du domaine de la civilisation est corrélative à l'extension du domaine de l'accord pour vivre. En effet, l'histoire nous apprend que les hommes, d'abord isolés dans les villes, s'établirent sur les bords des grands fleuves, le Hoang-Ho et le YantzéKiang, domaine de la civilisation chinoise, !'Indus et le Gange, siège de l'Inde védique, le Tigre et !'Euphrate, où régnèrent les monarchies assyro-babyloniennes; le Nil, où vécurent les races égyptiennes. Sur ces bords, le contact était plus facile entre peuplades, tribus et races, et la coopération plus facile et conséquemment plus avantageuse. En descendant ainsi les uns au devant des autres, c'est à. la conquête des richesses naturelles et non à la guerre des uns contre les autres qu'ils allaient. Plus tard, ils s'avancèrent sur le rivage des mers intérieures, Méditerranèe, golfe Persique, etc. Des rives des mers intérieures, les peuples s'avancèrent sur un milieu plus vaste, l'Atlantique, qui n'est en définitive qu'une Méditerranée immense. lis envahissent maintenant le Pacifique, inaugurant une période de civilisation océanique qui solidarisera les races de l'Univers entier, (1) Un professeur. Lulle 011 accord_po11rla vie. Rt11ue Socialiste (n° n4, du 15 juin 1894).
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