LA REVUE SOCIALISTE palpitations, perte de mémoire, tremblement. Chez les femmes, il cause la stérilité, l'avortement. Quand l'ouvrière réussit à devenir mère, son lait peut donner au nourrisson des convulsions ou la diarrhée. La quinine détermine, chez les ouvriers employés à son extraction, des troubles intellectuels spéciaux, décrits sous le nom d'ivresse quinique, et des 6,ruptions eczémateuses. L'alcool peut, par ses simples émanations, produire des symptômes d'alcoolisme, chez les apprêteurs d'étoffes de soie, les fabricants de chapeaux de paille. « Les poussières de charbon chez les mineurs, les poussières ferrugineuses chez ceux qui travaillent le fer ou l'acier, les poussières de silice chez les tailleurs de pierre, déterminent du. côté du poumon des accidents absolument comparables à ceux que présentent les poitrinaires: la mort survient au milielAde crises d'étouffement et <l~quintes de toux extrêmes. D'autres ouvriers sont exposés à des accidents semblables : ce sont les débourreurs, les batteurs de cardes, tous les ouvriers de l'industrie cotonnière. Ici les poussières sont remplacées par des fibres minuscules de coton. De même les poussières d'os, de plume, de nacre, peuvent déterminer des lésions pulmonaires et ounir la voie à la phtisie. « Le paludisme <lesterrassiers, caractérisé par des accès de fièvre, causés par des microbes que les travailleurs respirent en remuant la terre. Le charbon atteint les mégissiers, les tanneurs, les équarrisseur~. L'affection, semblable à un empoisonnement aigu, tue presque toujours, si elle n'est pas soignée. La morve, qui frappe les palefreniers et autres sujets en rapport avec les chevaux. Il en est de même du tétanos, de la gale des chevaux (qui est contagieuse pour l'homme).» Toutes ces maladies - et bien d'autres qu'il nous faut passer sous silence - font nombre de victimes dans la classe ouvrière. Pour un contaminé qui meurt avant d'avoir été père, combien s'éteignent entourés d'enfants anémiques, scrofuleux, rachitiques, tuberculeux? ... La sélection industrielle aboutit à la dégénérescence de la race. Les métiers meurtriers sont surtout pratiqués par les forts et les actifs, par ceux qui croient pouvoir- grâce à leur constitution robuste - les exercer longtemps sans trop en souffrir. Ce sont eux qui succombent. L'accroissement continu de l'année industrielle de réserve permettra avant peu aux employeurs de ne.prendre à leur service que des ouvriers de choix et de les rejeter aussitôt qu'ils auront contracté l'une des maladies que nous venons de signaler. Dejà l'Académie de Médecine conseille à l'État d'engloutir plus
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