LA REVUE SOCIALISTE SUISSE La journée de travail. - C'est à la Suisse que revient l'honneur d'avoir institué pour la première fois la journée maxima de travail de onze heures, il y aura vingt ans cette année. Mais depuis, les progrès de la technique ont été tels, que sans perturbation aucune, elle peut introduire la semaine de quarante-huit heures, du moins en ce qui concerne le travail de la femme, pour le moment. Dans un grand nombre d'industries fonctionne la journée de dix heures; dans d'autres, d'importants mouvements se sont produits ces dernieres années et ont permis aux c:.:vriers d'obtenir la journée de neuf heures. Nous ne citerons les typographes que pour mémoire; ailleurs c'est la journée de huit heures, comme dans les ateliers d'État en Angleterre, dans quelques États des États-Unis, dans presque toutes les professions en Australie et dans la Nouvelle-Zélande. Les grèves pendant les a1111é1es896 et 1897. - Le mouvement gréviste pendant les deux dernières années aurait donné pour les ouvriers des résultats aussi satisfaisants, malgré que les chiffres statistiques qui ont été publiés ne soient pas complets. En 1896 les grèves auraient été au nombre de vingt-huit, parmi lesquelles seize auraient eu une issue favorable aux ou~riers, en tout ou en partie, tandis que six seulement auraient échoué. Quant aux autres six, on n'en connaît pas le résultat. En 1896, les conflits entre le capital et le travail auraient été au nombre de quinze, dont dix ont abouti en tout ou en partie, et cinq échoué. La plus importante parmi les grèves éclatées en 1897 a été celle de travailleurs de chemins de fer du Nord-Est, qui s'est terminée par un succès complet. Il faut en outre r~marquer que dans la période 1896-97 se sont produits des mouvements assez nombreux parmi les ouvriers pour obtenir des augmentations de salaires qui ont presque toujours réussi, sans que les ouvriers aient été forcés de se mettre en grève. Si le mouvement gréviste et celui pour augmenter les salaires ont presque toujours abouti, il faut l'attribuer à ce que la reprise du travail en Suisse, aussi bien que dans les autres pays industriels, a été assez accentuée pendant les années 1896 et r 897 ; que les institutions démocratiques ne sont pas en Suisse un vain mot, et que le gouvernement garde une neutralité rigoureuse dans les conflits qui éclatent entre les ouvriers et leurs employeurs ; enfin on ne doit pas oublier que la Suisse ne possède pas d'armée permanente, et que la bureaucratie et la police n'y sont pas nombreuses, et n}exercent pas la même influence néfaste que dans les autres États de l'Europe, en France surtout ou la
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==