6r8 LA REVUE SOCIALISTE de revue des forces prolétariennes. Malheureusement la tentative prématurée du syndicat des chemins de fer n'a pas été concluante, parce que tout de suite il a fallu y mettre fin, car il s'agissait de rien moins que de sauver la République, que d'éviter tout danger de· tro.ubles, que d'enlever à la réaction militariste le prétexte qu'elle attendait pour franchir le Rubicon. Le péril un instant couru par la République fut aussi conjuré par le rapprochement que les conjonctures imposèrent aux diverses fractions socialistes. Sans aucune exception, toutes les écoles envoyèrent· des délégués qui se constituèrent en comité permanent de vigilance, après avoir rédigé le manifeste suivant : Les organisations, les élus et les journaux socialistes, réunis le 16 octobre, affirment, dans les circonstances troublées que traverse la Répub~que, que toutes les forces socialistes et révolutionnaires sont unies, décidées et prêtes ù faire face à toutes les éventualités. Le parti socialiste tout entier proteste contre l'atteinte portée à la liberté des syndicats ouvriers et au droit de grève, et, malgré les fautés des gouvernants bourgeois, il compte sur tout Je prolétariat pour défendre la République. Il ne permettra pas à la conspiration militariste de toucher aux trop rares libertés républicaines, et il ne laissera pas la rue à la réaction et à ses violences. • Dans ,;e but, il constitue un comité permanent de vigilance, représentation de toutes les forces socialistes organisées. La grève des terrassiers. - Grâce à la persévérante insistance du bureau du Conseil municipal, M. Brisson autorisa enfin le préfet de la Seine à mettre en demeure les entrepreneurs ( c'étaient les plus nombreux) opérant pour le compte de la Ville, d'avoir à donner satisfaction aux ouvriers, sous peine de s'entendre déclarés déchus de leurs travaux, lesquels seraient ensuite exécutés en régie. Les patrons cédèrent. Trois fois justes et légitimes étaient les réclamations des ouvriers terrassiers, puisqu'elles consistaient uniquement à réclamer la suppression de la signature et le salaire normal de o fr. 60 l'heure, tel qu'il avait été fixé dès r 882 dans le tableau de la serie des prix de la ville de Paris. Les ouvriers terrassiers demandaient le salaire de o fr. 60 l'heure; ils l'ont obtenu. Ils ont demandé que la signature par laquelle les entrepreneurs, abusant de la force patronale, les tenait liés, tombât; elle est tombée. -Et enfin, par surcroît, le principe de la régie des travaux communaux a été affirmé. Et maintenant, est-il possible au gouvernement et au Parlement de différer plus longtemps l'octroi aux communes du droit d'intro- ,
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