La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

606 LA REVUE SOCIALISTE former librement des associations en vue de pourvoi-1·a leurs besoins et aux frais d'entretien des séminaires. L'État n'interviendra ni dans le choix des curés ni dans celui des évêques; il se bornera à SLlrYeiller leurs agissements et à réprimer avec énergie toute tentative de désordre. Les congrégations elles-mêmes pourront exister sans en-· traves; leurs membres seront seulement astreints à se présenter une fois par an devant le maire de la commune et à lui déclarer que c'est de leur plein gré qu'ils restent dans la vie monastique. L'Église n'aura donc aucun prétexte pour crier à la persécution; elle n'en sera pas moins atteinte d'un coup mortel, car elle perdra entièrement son influence temporelle; de plus au bout d'une gènération, l'existence des congrégations deviendra impossible puisque les pensions servies individuellement à chacun de leurs membres s'éteindront ayec eux. En même temps disparaîtront les revenus laissés aux possédants actuels, qui demeureront jusqu'a leur mort les soutiens de la religion. L'astre catholique ira donc pâlissant de plus en plus pour s'éteindre tout à fait à l'aurore de la génération nouvelle, et c'est ainsi que sans violence, sans persécution, les sociétés seront débarrassées du plus gros obstacle opposé au progrcs de la civilisation. Nous venons de dire deux mots de la liberté d'association : elle sera complète pour les sociétés poursuivant un but purement moral; elles devront seulement révcler leur existence. Les sociétés dont le but sera lucratif n'auront de raison d'exister que dans un petit nombre de cas, comme l'exploitation de lots de grande culture, la publication <l'ua journal. Leurs statuts devront être conformes a certaines prescriptions légales. La liberté de réunion ne sera limitée que par le trouble qu'elle pourrait apporter à l'ordre public. XXIX AFFAIRES ÉTRANGÈRES Le collectivisme, en consacrant dans les institutions le principe primordial de la solidarité humaine, et en faisant disparaître ainsi les antagonismes entre les individus, ne peut logiquement les laisser subsister entre nations. La paix universelle, la fédération des peuples sont donc inhérents à son essence même, et en effet chaque fois que les socialistes autorisés ont eu à se prononcer sur ces questions, c'est dans ce sens qu'ils l'ont fait.' Leurs déclarations sont si connues qu'il est inutile de les répéter.

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