L'APPLICATION DU SYSTÈME COLLECTIVISTE 595 retirés pour être élevés, ainsi que les orphelins, sous la tutelle de l'État. Plutôt que d'être entassés dans de vastes établissements, les pupilles de l'État 'Seront confiés, moyennant bonne rétribution, à des familles honnêtes, sous une surveillance rigoureuse. Les secours abondants prodigués aux filles-mères, pour elles et leurs enfants, préviendront la plupart des infanticides. Cependant il se trouvera des cas où des considérations autres que la misère détermineraient les mères à abandonner et peut-être à détruire leurs enfants. On créera des maisons de refuge où toute femme grosse pourra être recueillie, soignée et délivrée en secret; son enfant lui sera remis ou sera conservé si elle l'exige absolument. La femme a droit à un salaire égal à celui de l'homme; la femme mariée a droit, sans obligation au travail, au minimum social du salaire, sans qu'il puisse être inférieur à la moitié .de celui de son mari; elle conserve, si elle devient veuve, le salaire qu'elle recevait du vivant de son mari; enfin, si elle a des enfants, elle reçoit pour chacun d'eux également l'indemnité supplémentaire qu'elle recevait du vivant de son mari. Toute personne parvenue à l'âge oü elle doit cesser de travailler, a payé sa dette à la société; c'est à son tour d'en recevoir les secours . qui lui sont indispensables alors pour assurer sa subsistance. Malgré l'égoïsme profond qui est sa base, la société capitaliste ne conteste gucre le droit à la retraite pour les travailleurs; elle se contente de le laisser à l'état de lettre morte. Quelques employés et fonctionnaires seuls acquièrent une maigre retraite en abandonnant pendant vingtcinq à trente ans une partie de leur salaire déjà insuffisant; la masse des travailleurs reste sans aucun secours. Sous le régime collectiviste tous les citoyens sans exception recevront à partir de l'âge oü ils cesseront de travailler une retraite égale à la moyenne de leur salaire des cinq dernières années. Rien de plus facile puisque la production sera réglée sur l'ensemble des besoins. Les infirmes de naissance recevront le salaire minimum ; ceux dont l'infirmité sera accidentelle recevront celui qu'ils touchaient au moment 011 :;s ont dû cesser de travailler. r.~s al1énés et incurables seront l'objet de tous les soins; leur •nombre, d'ailleurs, diminuera rapidement. Durant leurs maladies, les travailleurs toucheront leur salaire habituel; les cultivateurs possesseurs de lot auront gratuitement un aide pour les re~nplacer. Les malades seront, à leur gré, soignés à domicile ou dans des hôpitaux. L'installation des hôpitaux ne laissera rien à désirer. La solidarité sociale rendra inutile les assurances contre toutes ,
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