La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE aussi le cas où une ville serait assiécréc car alor·s, comme le fait Yient t> , de se produire à Santiago, l'envahisseur rompant les aqueducs extérieurs et occupant les sources, on comprendra <lans quelles déplorables conditions d'hygiénc se trouverait la population investie, mise . ainsi brusquement à un régime d'eau de qualité nocive et à laquelk les estomacs et les intestins ne sont plus acclimatés. De là la necessité de songer à la filtration des eaux de riviére. Paris fait en ce moment usage d'eaux filtrées et, personnellement, je pense qu'on devrait songer à avoir, prêts à fonctionner, pour l'éventualité d'une guerre, un nombre de filtres suffisant pour l'alimentation du camp retranché. Un concours institué par la ville de Paris, sur l'initiative du Conseil municipal, pour rechercher les meilleurs procédés de filtrage, a recueilli cent <lix-huit propositions. La commission chargée de l'enmen des dossiers, aprés avoir écarte ceux qui renfermaient de simples conceptions thcoriques, n'a retenu que quarante-deux projets se rattachant à des appareils existants. Ceux-ci ont été mis à l'essai, l'eau traitée a été analysée au point de vue chimique et bactériologique. Apres un examen trés minutieux et une discussion approfondie des résultats, la commission est arrivée aux conclusions principales, dont Yoici le résumé : « La véritable épuration de l'eau de boisson consiste dans l'approvisionnement en eau de source. « Pour parer aux insuffisances momentanées de cet approvisionnement, il est nécessaire de faire des installations capables d'épurer les eaux de riviére » (r). J'ai fait ce résumé le plus bref possible. Il évitera d'ailleurs des longueurs dans l'exposé des discussions qui eurent lieu sur le même sujet au congres de Madrid. Je vais le clore, mais avant, dans une revue socialiste, il convient de dire que ce service des eaux montre à Paris les ressources qu'une grande ville peut demander à un service public. On sait que la Compagnie des Eaux ne joue plus à Paris que le rôle <lepercepteur et de prépose aux abonnements? Paris s'est substituée à l'antique Auvergnat marchand d'eau. Voici, en effet, pour 1894, et les chiffres ont peu changé, le bud- ·gct du servicecommu1ial des eaux : • (1) Les bassins à sable dont on a fait usage à Saint-Maur, en juillet 1896, ont abaissé à 75 le nombre des bactéries par centimètre cube dam l'eau filtré.e, alors que l'eau de Marne brute en contenait 5,000 à 7,500. De plus, ils ont enlevé jusqu'à 54 ¼ de la matière organique. Ces résultats confirment la conclusion ci-dessus; cependant, pour ne négliger aucune occasion d'améliorer les moyens d'épurer les eaux, Je Conseil mnnicipal a autorisé à Saint-Maur l'expérimentation en grand d'une fabrique d'ozone pour l:i stérilisation de l'eau et d'un procédé de filtration par le charbon et l'amiante. (Humblot.)

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