LA efERNIÈRE STATJSTIQUE AGRICOLE 539 comprenaient 6,663,135 traYailleurs de toutes catégories, propriétaires, fermiers, métayers, régisseurs, domestiques, etc.; le reste, soit I0,772,75 3 personnes, représentait les femmes, les enfants, les infirmes et les vieiÎlards. En 1881, on comptait 3,525,342 propriétaires, dont 2,150,696 cultivaient exclusivement leurs biens, soit seuls, soit avec l'aide de leur famille ou d'autrui. En 1891, ces deux catégories étaient respectivement de 3,387,245 et 2,199,220. Le nombre total des propriétaires a donc, non pas augmenté, mais dimin~1é de 138,097. On aura beau torturer les chiffres, ceux du gouvernement lui-même, on ne parviendra pas à leur faire dire autre chose: la propriété totale de la France était moins divisée en 1891 que dix ans plus tôt. Il est vrai que les propriétaires cultivant exclusivement leurs biens sont devenus plus nombreux ; la différence, fort appréciable, est de 48,524. Que signifie-t-elle, sinon que les grands domaines avaient accaparé les petits? Et, en effet, en regard de cette augment:ition de la propriété cultivée soit par les propriétaires seuls, soit à l'aide de salariés, on ne trouve plus, en I 891, que 1,188,025 petits propriétaires obligés de travailler pour autrui comme ne pouvant vivre sur leur propre fonds, au lieu de 1,374,646 en 1881, soit une diminution de 186,621. Ces derniers chiffres confirment les précédents. D'autre part, les non-propriétaires et les petits propriétaires réduits au rôle de salariés étaient au nombre de 4,762,803 en 1881, de 4,463,915 en 1891. Mais ces divers chiffres n'acquiérent un sens clair et précis que par leur proportion dans l'ensemble, a111s1qu'il ressort du tableau suivant : Nombre Proportion ~---~-------- ------------ Catégories 1881 Propriétaires vivant de leur domaine 2. 150. 696 2. 199. 220 Propriétaires travaillant pour autrui- 1. 374. 646 1. 188. 02 5 Non-propriétaires. . . 3. 388. 162 3. 275. 890 Totaux ...... 6.913.404 6.663.135 1881 ·/. 3 l, II 19,88 49,01 IOO °lo 33 ,01 17,83 49, 16 100 Ce tableau est trés remarquable, parce qu'il vérifie rigoureusement la théorie socialiste, à savoir que la grande propriété est fatalement destinée à absqrber la petite : dans une période de dix ans, le nombre absolu et relatif des gros propriétaires a augmenté de prés de 2 °/ o; le nombre a-bsolu et relatif des petits propriétaires a dimin.ué de plus de 2 °/o, Le nombre des non-propriétaires est resté relativement station-
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