La Revue socialiste - 1898 - Tome XXVIII- vol 02

352 LA REVUE SOCIALISTE pas de directeur départemental de l'industrie : les directeurs d'usines correspondront avec le directeur de leur service au ministère. Les commandes seront adressées au ministère de l'industrie qui les transmettra aux u·sincs intéressées, lesquelles livreront directement au destinataire. Autant que possible on évitera les transports en envoyant la commande à l'usine la plus rapprochée du lieu de la consommation. Mais le travail des usines ne sera pas réglé sur l'a1:rivée de ces commandes. Ainsi que nous l'ayons vu au chapitre du travail, la quantité des objets à livrer par chaque industrie sera fixée au .commencement de l'année, dans le budget général de la production. La. répartition en sera faite aussitôt entre les diverses usines qui se mettront au travail, produiront et emmagasineront en attendant l'arriYée des commandes. Ainsi plus de périodes de chômage, suivies de périodes de surproduction : une régularité absolue succédera au désordre actuel. Une des premières préoccupations du ministre de l'industrie sera de créer en France les industries qui n'y existent pas et de développer celles qui ne produisent pas assez pour faire face aux besoins de la consommation. Ce que l'initiative privée, trop vantée, n'a pu faire dans la société capitaliste, ou elle se heurte aux multiples écueils de la concurrence, sera facile à la société collectiviste pour laquelle ces dangers n'existeront pas et qui disposera d'une main-d'œuvre surabondante. Cela s'explique de soi. On arrivera donc très vite à se passer des produits de l'étranger. Nous avons parlé des délégués ouvriers au conseil supérieur de l'industrie où ils défendront les intérêts de leurs camarades. Ces délégués seront élus au deuxième degré, d'abord par les om riers de chaque usine, ensuite par les délégués de toutes les usines d'une même industrie. Le délégué de chaque usine ne se bornera pas à concourir à l'élection du délégué au conseil supérieur; il interviendra en faveur de ses mandants auprès des contremaîtres, ingénieurs et directeurs, et s'il n'obtient pas satisfaction il saisira le délégué au conseil qui, s'il voyait ses démarches repoussées, pourrait saisir la Chambre des députés. Les ouvriers ne pourront donc plus être molestés par_ leurs chefs qui, d'ailleurs, n'auront aucun intérêt à le faire. On pourrait craindre l'excès contraire, c'est-à-dire le relâchement de l'autorité directoriale, l'affaiblissement de la production. Mais les directeurs ne se laisseront pas dominer facilement, car ils recevront de l'avance111ent à raison de l'abaissement du prix de revient qu'ils pourront obtenir, sans augmenter la durée du travail ni abaisser les salaires; au lieu de s'user dans des conflits d'amour-propre avec leur

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